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LE COMMANDEUR, DON ALVARE

LU COMMANDEUR

Vous dites donc, monsieur, que ma bonne cousine Dans deux jours au plus tard en ces lieux s'achemine? Son fils ne devrait pas lui donner tant d'ennui : Mais n'a-t-on point reçu de nouvelles de lui ?

D. ALVARE

Depuis deux mois entiers qu'il partit de Séville, Personne ne l'a vu dans cette grande ville ; Chez sa mère à Madrid il n'est point retourné ; Il peut être volé, malade, assassiné : 11 se fie un peu trop en son jeune courage, Et n'a jamais été des hommes le plus sage ; Il a l'esprit, le cœur, la taille et la beauté, Mais on lui trouve aussi trop de témérité. Vous auriez grand'pitié de cette pauvre mère, A voir de la façon qu'elle se désespère ; Elle craint pour son fils un malheur imprévu, Lorsqu'elle l'espérait de femme bien pourvu,

LE COMMANDEUR

Je la consolerai de toute ma puissance.

Pour moi, vous me voyez dans la réjouissance :

La fille de mon frère, une jeune beauté,

A qui même on avait caché sa qualité.

Pour certaine raison que vous saurez ensuite,

A, depuis peu, d'Orgas été chez moi conduite;

Elle vous plaira fort, et le bon laboureur

Qui l'a si bien nourrie, est un homme d'honneur.

Mais que veut ce garçon en son habit bizarre ?

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