‹ Théatre completChapitre 299 sur 407 · ET AUTRES · texte numérisé non relu

ET AUTRES

D. ALVARE

Amorce le fusil.

D. JAPHET

Je suis mort sans remède.

D. ALVARE

Ou je me trompe fort, ou je vois un voleur Qui va par le balcon voler le commandeur ; Qu'on lui mette d'abord du plomb dans la cervelle.

D. JAPHET

Ah I messieurs, suspendez la sentence mortelle : Je ne suis point voleur, je ne suis seulement Qu'homme à bonne fortune, ou bien fidèle amant; De plus, on m'a battu bien fort depuis une heure : Si frais battu, messieurs, est-il juste qu'on meure?

D. ALVARE

A grands coups de cailloux qu'on le fasse baisser.

D. JAPHET

Cailloux à moi! Bon Dieu! ce serait me blesser;

Un grand seigneur blessé ne vaut pas le moindre homme.

D. ALVARE

Ce n'est qu'un discoureur, vite qu'on me l'assomme.

RODRIGUE

Tirerai-je?

D. ALVARE

Oui, tirez.

D. JAPHET

Tout beau, ne tirez pas, Je ne vaux rien tiré.

D. ALVARE

Jette-toi donc en bas.

D. JAPHET

Vous save2 ce (ju'on fait à quiconque se tue, Et que s'homicider est chose défendue.

LE COMMANDEUR

Faisons le dépouiller, et jeter ses habits.

D. ALVARE

Cavalier amoureux, loyal comme Amadis,

Ou les cailloux sur vous vont pleuvoir d'importance,

Ou bien dépouillez-vous, sans faire résistance.

De vos chers vêtements, pour nous en faire un don.

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