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ACTE IV, SCENK V

D. JAPHET

Mes vêtements, messieurs! Parlez-vous tout de bon? Savez-vous que je suis le plus frileux du monde?

D. ALVARE

Savez-vous que l'on va faire jouer la fronde? Vite, qu'on me le fronde, il voudrait raisonner.

D. JAPHET

Frondeurs, ne frondez pas, je vais vous les donner. Voilà, pour commencer, la rondelle et l'épée. Je me disais tantôt César, je suis Pompée. César vint, vit, vainquit; et moi, je suis venu. Je n'ai rien vu, l'on m'a battu, puis mis à nu : 0 noir amour I

LE COMMANDEUR

Ma foi I ce fou me fait bien rire.

D. JAPHET

Vous riez, assassins 1

D. ALVARE. N

Qu'est-ce que j'entends dire?

Je crois que ce voleur nous appelle assassins ; Qu'on le tue.

D. JAPHET

Ahl messieurs, je disais spadassins.

Et consens de bon cœur que quelqu'un m'assassine. Si j'ai cru votre troupe autre que spadassine.

D. ALVARE

Cependant les habits ne se dépouillent pas.

D. JAPHET

Vous me pardonnerez, je vais tout mettre bas.

D. ALVARE

Vous marchandez beaucoup.

D. JAPHET

Qu'à mes habits ne tienne, Qu'on ne gâte une peau douce comme la mienne ; Qu'ainsi ne soit, voilà mon fidèle chapeau : Mais voulez-vous donc tout, même jusqu'à ma peau? Vous donnerai^je aussi les habits qui me couvrent?

D. ALVARE

Que cent coups de cailloux tout à l'heure l'entrouvent.

D. JAPHET

Messieurs, ne parlons plus de lapidation. Je m'en vais achever la spoliation.

Et vous achèverez de plier ma toilette»

D. ALVARE

Le malheureux me raille, il faut que je le mette

De son balcon en bas ; donne-moi ce fusil, Je veux faire un beau coup...

D. JAPHET

Messieurs, que vous faut-il ? Ce n*est donc pas assez d'être nud en chemise, Et la plainte au chétif ne sera pas permise? Ma foi I c'est bien à moi de faire le railleur, Mort de peur, mort de froid, et pris pour un voleur j Laissez-moi donc en paix, attiédissez vos biles, Et que mes vêtements puissent vous être utiles ; Voilà mon haut-de-chausse, et mon pourpoint aussi.

D. ALVARE

C'est trop, c'est trop. Adieu, seigneur, et grand merci.

D. JAPHET

C'est trop, c'est trop, ma foi ! c'est moi-même qu'on raille.

Me voilà nu pourtant, peste soit la canaille !

Si je n'avais été si haut embalconné.

Cent coups au lieu d'habits je leur eusse donné.

Mais mon ange est longtemps.

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