SCÈNE III DON PÈDRE, DON LOUIS
D. PBORB.
Etes-vous don Louis,
D. LOUIS
C'est ainsi qu'on me nomme.
D. PÈDRE
De Roxas?
D. LOUIS
Oui, monsieur.
D. PÉDRR.
Cette lettre est d'un homme Qui croit qu'auprès de vous elle seule suffit, Pour m'y faire appuyer de tout votre crédit, Dans l'affaire d'honneur qui m'amène à Valence ; C'est du ducd'Alve.
D. LOUIS
Il a sur moi toute puissance.
11 lit la lettre.
« On a enlevé la fille de don Pèdre de Lara. Le ravis- « seur est dans Valence. Je vous prie de croire qu'en « servant don Pèdre, qui est mon parent et mon ami, « vous obligerez
(( Le Duc d'Alve. »
Vous avez entendu ce que le duc m'écrit. Il a pu vous offrir le bras, et le crédit D'un homme qui lui doit encore davantage; Mais il faut que je sache avant que je m'engage. Quel est ce cavalier à qui vous en voulez.
Je m'aperçois par là de ce que vous valez,
Et c'est être prudent que prendre connaissance
Si vous devez, ou non, m'offrir votre assistance.
D. LOUIS
Je ne manquai jamais à ce que j'ai promis; Mais je ne promets rien qui blesse mes amis.
D. PÈDRE
Don Sanche de Lussan a-t-il l'honneur d'en être ?
D. LOUIS
Non, mais j'ai seulement celui de le connaître.
D. PÈDRE
Je vous apprendrai donc, puisqu'il ne vous est rien, Qu'il est mon ennemi.
D. LOUIS
J'en ferai donc le mien.
D. PÈDRE
Ce don Sanche à Madrid galantisait ma fille. Celle peste fatale à sa noble famille :