ACTE III, SCÈNE IV
Un rival Tattaqua dans sa chambre une nuit, Le laissa demi-mort, et ma fille s'enfuit. La justice en connut, et fit ses procédures : Mon honneur demandait plus que des écritures : Je laissai donc guérir ce don Sanche en prison, Et cherchai son rival pour en tirer raison ; Mais je ne pus savoir, quoique je pusse faire, Où se cachait ma fille, et cet autre adversaire. De ces deux ennemis un seul donc m'est connu; * C'est don Sanche, et je sais qu'il est ici venu : Ma fille l'a suivi, sa maîtresse, ou sa femme, Car hors lui qui voudrait se charger d'un infâme?
D. LOUIS
Ce rival inconnu peut l'avoir comme lui.
D. PÈDRE
Oui, si l'on n'avait su de lui-même aujourd'hui Qu'il est depuis un jour arrivé dans Valence.
D. LOUIS
C'est encore en juger sur la seule apparence.
D. PÈDRE
Mais on m'a dit souvent, partout où j'ai passé, Alors que j'ai pris langue, et qu'on m'a vu pressé, Que des gens de cheval dont je suivais la piste, Emmenaient avec eux une femme fort triste : C'est sur ce fondement que je veux l'attaquer. Sur l'un de ces rivaux je ne saurais manquer, Puisqu'ils m'ont l'un et l'autre osé faire une offense, De montrer à l'Espagne une illustre vengeance. Adieu, ne sortez point.
D. LOUIS
Je fais ce que je dois.
D. PÈDRE
Ce sera donc, monsieur, pour cette seule fois.