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ACTE V, SCENE I

Quel mal, cruel destiu! me peux-tu faire eucore, Si tu ne te résous à me priver du jour?

Si tu ne me fais pas cette grâce funeste, Pour sortir de tes mains et de celles d'amour,

Je me sens des forces de reste.

Accoutumé peut-être à me voir tant souifrir, Tu crains qu'après ma mort, enfin, je ne repose ; Mais pour finir ma vie, il suffit q^ue je Tose, Et ta rigueur en vain à ce dessein s'oppose, Si la seule douleur nous peut faire mourir.

Faisons agir la nôtre, et lui laissons tout faire : Peut-être qu'à l'ingrat qui ne me peut souffrir,

Mon trépas au moins pourra plaire.

Finissons tout d'uu temps ma vie et mon malheur, Sous les lois de l'amour, qui toujours malheureuse, Endure sans espoir une peine amoureuse.

Doit s'en tirer soi-même, et suivre courageuse Les funestes desseins qu'inspire la douleur.

En l'état où je suis, ils sont aisés h suivre; Qui redoute la mort, mérite son malheur. Quand c'est l'augmenter que de vivre.

Je mourrai, cher Carlos ; mais pourrais-je espérer. Quand des pâles esprits j'augmenterai le nombre, De sortir quelquefois de ma demeure sombre. D'errer autour de toi, te faire voir mon ombre ? Hélas I si la voyant, tu pouvais soupirer I

Que ne devrais-je point à ton âme attendrie? Que pourraiS'je en vivant davantage espérer,

Quand tu m'aurais toujours chérie?

Mais ne nous flattons plus d'inutiles désirs. Quand nos corps ne sont plus qu'un amas de poussière, Ils ne reprennent plus leur figure première ; Et l'on perd à la fois, en perdant la lumière, Et Tusage des maux et cmnï des plaisirs.

Mais, je le vois, l'auteur des peines que j'endure ;

D. Sancbe et Gardille entrent.

Éloignons un objet de si mauvais augure.

)£Ue sort.

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