ACTE I, SCENE V
C'était donc de nos feux la trompeuse espérance ? C'est donc ce que le ciel gardait à sa constance, Dans un temps où son bras secondant sa valeur, Etait prêt d'établir notre commun bonheur. De lui rendre un royaume usurpé par mon père, Et de me conserver la Chypre héréditaire ? Ne viens donc plus, espoir, de tes trompeurs appas. Adoucir des tourments que tu ne guéris pas; Puisque je perds Alcandre et que je le veux suivre, De quoi peux-tu servir à qui ne peut plus vivre ? Oui, bientôt dans le ciel, où tu vis loin de moi. Je t'y joindrai bientôt pour n'être plus qu'à toi. Belle âme qui quittas et fis tout pour Elise, Et seule eut le pouvoir d'asservir sa franchise.