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SCÈNE I OROSMANE

Maître absolu de l'empire de l'onde,

Par mille beaux exploits, De mon trône flottant j'ai fait trembler des rois;

Et ma puissance vagabonde

En a vu soumis à ses lois, Qui voyaient à leurs pieds tout le reste du monde.

De ce lieu si voisin des cieux.

Où le destin capricieux Avait ma fortune portée, En un moment elle tombe aux enfers, Et languit sous d'indignes fers.

Quand loin de la voir arrêtée.

Je ne la croyais limitée Que des bornes de l'univers.

468 LE PRINCE CORSAIRB.

J*ai VU cent fois au fort de la tempête,

L'onde aux cieux se mêler ; La foudre avec ses feux, fendre, abattre, brûler

Des voiles, des mâts sur ma tête.

Je l'ai vu des rocs ébranler, Et faire mille éclats du débris de leur faite.

Cent fois dans ma noble fureur, Portant la guerre et la terreur Aussi loin qu'allait mon courage.

J'ai vu la mort s'opposer à mes pas.

Mais qu'un visage plein d'appas Fait souvent trembler davantage Que la foudre, que le naufrage, Que la guerre, que le trépas I

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