‹ Théatre completChapitre 390 sur 407 · OROSMANE, AMINTAS · texte numérisé non relu

OROSMANE, AMINTAS

OROSMANE. [tre,

Approche, mon vainqueur, mais vainqueur sans combat- Viens voir si dans ses maux mon cœur se laisse abattre, Ou plutôt si mes fers sont aisés à briser. Ou des princes ingrats le plus à mépriser, Viens, pour ne plus me craindre, être mon homicide. Tu peux bien êrtre lâche ayant été perfide.

AMINTAS

Je ne reconnais plus ce vainqueur modéré. De qui j'avais tantôt le courage admiré.

OROSMANE

Et je reconnais moins ce vaincu magnanime. De qui le faux éclat a surpris mon estime.

AMINTAS

Je suis tel que j'étais quand tu fus mon vainqueur.

OROSMANE

Manquer à sa parole, est-ce avoir de l'honneur ? Quand ton père insolent et fier de ma disgrâce, A déchaîné sur moi toute une populace ; Quand après mon naufrage il m'a mis dans lès fers. Toi qui dus t'oçposer à tant d'affronts soufTerts, Tu viens d'une insolence à nulle autre semblable, Repaître tes regards des fers dont on m'accable. Par ce procédé lâche, injuste et rigoureux, Croit-on venger l'afTront d'un combat malheureux,

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