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SCÈNE VI

ÉLTSE , OROSMANE.

ÉLISE

Amintas généreux, même à ses ennemis.

Te tirera des fers comme il te l'a promis : Mais, cher prince, il est temps qu'Elise impatiente, Cesse enfin d'ignorer ta fortune inconstante: Et pourquoi si longtemps, et si proche de moi. Le faux nom d'Orosmane abusa de ma foi.

OROSMANE

Quand la parfaite Élise, aussi juste que belle. M'eut appris les desseins de son père infidèle, Qui sur de spécieux, mais frivoles sujets. Avait fait contre moi révolter mes sujets. Et qui pour mieux cacher où marchait son armée. En menaçait les bords de la Grèce alarmée ; Elle vit que mon cœur ne pouvant la quitter. Pour la première fois osa lui résister. J'abandonnais mon trône à votre injuste père, Votre cœur généreux s'en mettait en colère; La crainte de languir un moment loin de vous, Me faisait mépriser cet obligeant courroux ; Mais vos yeux se servant de toute leur puissance. Il fallut se résoudre à cette longue absence. Courir au moins pressé de deux maux dangereux. Sur la mer mon destin ne fut pas plus heureux. Je fus battu des vents, et dans la Cilicie, J'eus à tous mes desseins la fortune ennemie.

ÉLISE

Je sais que la fortune accablant la valeur.

Eq nu dernier combat tous eûtes da malheur, Et qn'uQ jeune guerrier tué dans la bataille. Fut pris pour mon Âlcandre.

ORO&MANB,

n était de ma taille, Et Ton ne connut point son visage blessé. Sous un de mes harnais qu'il avait endossé. Ce faux bruit de ma mort ardemment désirée. Outre les miens, trompa ceux qui rayaient jurée. Et me fit oublier aux puissants ennemis, A qui tout contre moi semblait être permis. Accablé de malheurs et par mer et par terre, n me restait encore un seul vaisseau de guerre. Et j'avais conservé des amis généreux, Qui loin de mépriser un prince malheureux. D'une fidélité qui ne s'est point lassée, Respectèrent toujours ma dignité passée.

Nous montâmes en mer de la terre chassés ; La vague était émue et les flots courroucés; Mais c'était le parti qui nous restait à prendre. Suivis que nous étions des troupes de Pisandre, Le barbare Orosmane, un corsaire inhumain, Attagua mon navire, et mourut de ma main : Aigri des longs malheurs de mon sort déplorable Aux corsaires vaincus je fus inexorable ; Tout tombant sous le fer, ou dans l'onde jeté, Eprouva la rigueur du vainqueur irrité.

De massacre et d'horreur ma colère assouvie, Aux tremblants matelots fit grâce de la vie. J'achevais de les vaincre et de les désarmer, Quand je vis mon vaisseau tout â coup s'abimer. Ce péril évité me fut de bon présage, Réveilla mon espoir, anima mon courage.

Je prends le nom fameux du corsaire détruit; Ce nom, en peu de temps, est un nom de grand bruit. Et me fait espérer qu'auprès de votre père Un corsaire fera ce qu'un roi ne put faire. Lors je vous détrompai du faux bruit de ma mort, Mais sans vous révéler le secret de mon sort.

éUSE.

Pourquoi me cachais-tu que ta rare vaillance Faisait aux plus grands rois redouter ta puissance? Pourquoi n'ai-je pas su que l'empire des mers Dépendait d'un esclave arrêté dans mes fers ? Oh! que de ce penser ma vanité flattée.

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