‹ Théatre completChapitre 65 sur 407 · DON BLAIZE, ORDUGNO, D. COSME, STÉPHANIE, LOUISE, OLIYARÈS, ETC · texte numérisé non relu

DON BLAIZE, ORDUGNO, D. COSME, STÉPHANIE, LOUISE, OLIYARÈS, ETC

D. BLAIZE

Ordagno !

ORDUGNO.

Monseigneur I

D. BLAIZE

Je veux absolument gu'on batte mon tailleur,

Mon habit est mal fait. Hé bien, mon cher beau-père.

Je ne suis plus d'avis que Thymen se diffère.

D. GOSME.

Et moi, j*en suis d*avis.

D. BLAIZE

Ceci serait plaisant.

D. GOSME.

n est pourtant ainsi.

D. BLAIZE

Cet esprit malfaisant Sait parfaitement bien faire enrager le monde. Civil beau-père en qui toute douceur abonde, Expliquez-nous un peu vos desseins ambigus. Vous voulez une chose, et ne la voulez plus. Savez-vous, si l'hymen ne se fait dans une heure, Il ne se fera pas de six mois, ou je meure?

D. GOSME.

Si vous disiez jamais, je vous en croirais mieux.

D. BLAIZE

J'avais toujours bien dit que son grand sérieux

Pourrait dégénérer à la fin en folie,

Et je répète encore qu'il faudra qu'on le lie.

D. GOSME.

Don Blaize, il n'est plus temps de vous rien déguiser, Vous êtes découvert ; c'est pourquoi sans ruser. Achevez votre hymen avecque Stéphanie Comtesse d'Alcalca.

Sa nouvelle manie Me fait peur : où prend-il cet étrange comte, Dont le nom sent si fort son esprit démonté ?

D. GOSME.

Ma fille est votre femme, elle a votre promesse^

Et de plus, deux enfants; de plus, elle est comtesse.

D. BLAIZE

Vous êtes fou, don Cosme, et de plus, fou fâcheux. Et de plus, incurable ; et nous en serions deux. Si j'allais me fâcher de vos folles boutades, Que je veux désormais recevoir en gambades.

Il saute.

D. COSME

Reconnaissez-vous bien cette écriture ?

D. BLAIZE

Oui-da :

Mais je ne connais point la dame d'Alcalca. J'écrivis cette lettre à votre fille Blanche, Je l'avais adressée à mon frère don Sanche. C'est toi qui la portas, Merlin.

MERLm.

Je n'en sais rien.

Je n'ai point de mémoire, et vous le savez bien.

D. BLAIZE

Ah, voici ma maltresse et mon cadet, mon frère 1 Et vous Blanche, venez songer à votre père.

D. GOSME , à la porte de la chambre où Stéphanie est cachée.

Sortez, sortez, madame : il n'est plus de saison De ménager l'esprit d'un homme sans raison,

D. BLAIZE

La dame est assez belle.

O. SANCHE

Et c'est la Portugaise, Merlin I

MERLIN

Sur mon honneur, on en veut à don Blaize.

D. SANCHE

Tant mieux, ami Merlin.

D. GOSMB.

Don Blaize, vous voyez Que je ne suis pas fou, comme vous le croyez. Pouvez-vous bien trahir cet objet plein de charmes?

STÉPHANIE, pleurant.

Je ne puis retenir mes sanglots et mes larmes.

OLIVARÈS , pleurant.

Madame, voulez-vous incessamment pleurer?

LOUISE, pleurant.

Quel plaisir prenez-vous à vous désespérer?

STÉPHANIE, pleurant.

Ah, mes amis, pleurons un malheur sans remède ;

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