‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 110 sur 454 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

THYI-STi:, THÉODAMIE, LÉONIDE.

THYESTE

Ce n'est plus pour tenter une giùce incertaine; Mais, avant son départ, je voudrais voir Plisthène. Léonide, sachez s'il n'est point de retour. Ma fille, il faut songer à fuir de ce séjour : Tout menace à la fois l'asile de Thyeste; Défendons, s'il se peut, le seul bien qui nous reste. D'un père infortuné que prétendent vos pleurs? Voulez-vous dans ces lieux voir combler mes mal-

[heurs ?

Pourquoi, sur mes désirs cherchant à me con-

[traindre, Ne point voir le tyran? Qu'en avez-vous à craindre? Sans lui, sans son secours, quel sera mon espoir? Vous voyez que Plisthène est ici sans pouvoir, Qu'il va bientôt voguer vers le port de Pirée: Voulez-vous qu'à ma fuite il en ferme l'entrée? La voile se déploie, et flotte au gré des vents; Laissez-moi profiter de ces heureux instants. Voyez, puisqu'il le faut, l'inexorable Atrée : Si sa tlotle une fois abandonne l'Eubée, Par quel autre moyen me sera-t-il permis De sortir désormais de ces lieux ennemis?

TnÉOUAMlE.

Ne précipitez rien : quel intérêt vous presse? Pourquoi, seigneur, pourquoi vous exposer sans A peine enfin sauvé de la fureur des eaux, [cesse? Ne vous rejetez point dans des périls nouveaux. A partir de Chalcis le tyran se prépare; Les vents vont de cette île éloignée ce barbare : D'un secours dangereux sans tenter le hasard. Cachez-vous avec soin jusques à son départ.

Ma fille, quel conseil! Eh quoi! vous pouvez croire Que je veuille à mes jours sacrifier ma gloire l

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