SCÈNE III
ATRÉE, PLISTHÈNE.
ATHÉE
Lassé des soins divers dont mon cœur est la proie. Prince, il faut à vos yeux que mon cœur se déploie. Tout semble offrir ici l'image de la paix; Cependant ma fureur s'accroît plus que jamais. L'amour, qui si souvent loin de nous nous entraîne.
N'eslpointdans ses . etours aussi promptquelahaine. J'avais cru par vos soins mon courroux étoufl'é; Mais je sens qu'ils n'en ont qu'à demi triomphé. Ma fureui- désormais ne peut plus se contraindre : Ce n'est que dans le sang qu'elle pourra s'éteindre ; Et j'attends que le bras chargé de la servir, Loîh d'arrêter son cours, soit prêt à l'assouvir. Plislhène, c'est à vous que ce discours s'adresse. J'avais cru, sur la foi d'une sainte promesse. Voir tomber le plus fier de tous mes ennemis : Mais Plislhène tient mal ce qu'il m'avait promis; Et, bravant sans respect et les dieux et son père, Son cœur pour eux et lui n'a qu'une foi légère.
PLISTHÈNE.
Où sont vos ennemis? J'avais cru que la paix Ne vous en laissait point à craindre en ce palais. Je n'y vois que des cœurs pour vous remplis de zèle, Et qu'un fils pour son roi, respectueux, fidèle, Qui n'a point mérité ces cruels traitements. Où sont vos ennemis? et quels sont mes serments?
ATRÉE
Où sont mes ennemis? Ciell que viens-je d'entendre? Thyeste est dans ceslieux,etron peut s'y méprendre! Vous deviez l'immoler à mon ressentiment : Voilà mon ennemi, voilà votre serment.
PLISTHÈ.\E.
Quelle que soit la foi que je vous ai jurée. J'aurais cru que la vôtre eût élé plus sacrée ; Qu'un frère dans vos bras, à la face des dieux. M'eût assez acquitté d'un serment odieux. D'un pareil souvenir ma vertu me dispense : Je ne me souviens plus que de votre clémence. Mon devoir a ses droits ; mais ma gloire a les siens ; Et vos derniers serments m'ont dégagé des miens.
ATRÉE
Sans vouloir dégager un serment par un autre, Veux-tu que touslesdeux nous remplissionsle nôtre? Et tu verras bientôt si j'explique le mien. Que ce dernier serment ajoute encore au tien. J'ai juré par les dieux, j'ai juré par Plisthéne. Que ce jour qui nous luit mettrait fin à ma haine. Fais couler tout le sang que j'exige de toi ; Ta main de mes serments aura rempli la foi. Re^'aide qui du nous l'ait au ciel une injure, Qui de nous deux enfin ebt ici le parjure.