ACTE IV, SCÈNE II
Que pour mieux m' obliger à lui percer le flanc, De sa fille, au refus, il doit verser le sang? Ah! je me sens saisir d'une fureur nouvelle. Courons, pour la sauver, où mon amour m'appelle. Mais où la rencontrer? Eh quoi ! les justes dieux M'ont-ils déjà puni d'un projet odieux?
Que fait Thyeste? Hélas! qu'est-elle devenue? Qui peut dans ce palais la soustraire à ma vue? Je frémis... Retournons les chercher en ces lieux, Les en sauver, Thessandre, ou périr à leurs yeux. Allons : ne laissons point, dans l'ardeur qui l'anime, Un cœur comme le mien réfléchir sur un crime; Étouffons des remords que j'avais dû prévoir. Lorsque je n'attends rien qub de mon désespoir. Suis-moi; c'est trop tarder, et d'un péril extrême On doit moins balancer à sauver ce qu'on aime. Ce n'est point un forfait; c'est imiter les dieux Que de remplir son cœur du soin des malheureux. Mais que vois-je, Thessandre? ô ciel! quelle est ma
[joie!