‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 137 sur 454 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

ATRÉE

Va périr, malheureux, mais dans ton sort funeste Cent fois moins malheureux que le lâche Thyeste. Qui! je suis satisfait ! que de pleurs vont couler Pour ce fils qu'à ma rage on est près d'immoler! Quel que soit en ces lieux son supplice barbare, C'i'st le moindre tourment qu'à Thyeste il prépare. Ce tils infortuné, cet objet de ses vœux. Va devenir pour lui l'objet le plus affreux. Je ne te l'ai rendu que pour te le reprendre, Et ne te le ravis que pour mieux te le rendre. Oui, je voudrais pouvoir, au gré de ma fureur, Le porter tout sanglant jusqu'au fond de ton cœur. Quel qu'en soit le forfait, un dessein si funeste, S'il n'est digne d'Atrée, est digne de Thyeste. De son fils tout sanglant, de son malheureux fils, Je veux que dans son sein il entende les cris. C'est en toi-même, ingrat, qu'il faut que ma vie- Ce fruit de tes amours, aille expier ton crime... [tinie, Je frissonne, et je sens mon âme se troubler... C'est à mon ennemi qu'il convient de trembler. Qui cède à la pitié mérite qu'on l'offense ;

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