ACTE IV, SCÈNE III. ISt
D'une sœur qui voudrait tout vous sacrifier? Et quelle autre amitié fut jamais si parfaite?
ORESTE
Je n'ai craint que l'ardeur d'une joie indiscrète. Dissimulez des soins quoique pour moi si doux : Ma sœur, à me cacher j'ai souffert plus que vous. D'ailleursjusqu'àcejourje m'ignorais moi-même. Palamède, pour moi rempli d'un zèle extrême, Pour conserver des jours à sa garde commis, M'élevait à Samos sous le nom de son fils. Le sien est mort, ma sœur; la colère céleste A fait périr l'ami le plus chéri d'Oreste; Et peut-être, sans vous, moins sensible à vos maux, Euvierais-je le sort qu'il trouva dans les flots.
ELECTRE
Se peut-il qu'en regrets votre cœur se consume? Ah! seipneur, laissez-moi jouir sans amertume Du plaisir de revoir un frère tant aimé. Quel entrelien pour moi ! Que mon cœur est charmé! J'oublie, en vous voyant, qu'ailleurs peut-être on
[m'aime ; J'oublie auprès de vous jusques à l'amant même. Surmontez, comme moi, ce penchant trop flatteur Qui semble malgré vous entraîner votre cœur. Quel que soit votre amour, les traits d'fphianasse N'ont rien de si charmant que la vertu n'efface.
OBESTE.
La vertu sur mon cœur n'a que trop de pouvoir, Ma sœur; et mon nom seul suffit à mon devoir. Non, ne redoutez rien du feu qui me possède. On vient: séparons-nous. Mais non, c'est Palamède.