‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 172 sur 454 · ORESTE, ELECTRE, PALAMÈDE, ANTÉNOR · texte numérisé non relu

ORESTE, ELECTRE, PALAMÈDE, ANTÉNOR

PALAMÈDE

Anténor, demeurez ; obseivez avec soin

Que de notre entretien quelqu'un ne soit témoin.

ORESTE

Vous revoyez, ma sœur, cet ami si fidèle, fzèle. Dont nos malheurs, les temps, n'ont pu lasser le

ÉLECTllE, à Palamède.

Qu'avec plaisir, seigneur, je revois aujourd'hui

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D'un san{? infortuné le généreux appui?

Ne soyez point surpris; attendri par mes larmes, Mon frère a dissipé mes mortelles alarmes : De cet heureux secret mon cœur est éclairci.

PALAMÈDE

Je rends grâces au ciel qui vous rejoint ici.

Oreste m est témoin avec quelle tendresse

J'ai déploré le sort d'une illustre princesse;

Avec combien d'ardeur j'ai toujours souhaité

Le bienheiueux instant de votre liberté.

Je vous rassemble enfin, famille infortunée, [;iée!

A des malheurs si grands trop longtemps condani-

Qu'il m'est doux de vous voir où régnait autrefois

Ce père vertueux, ce chef de tant de rois,

Que fit périr le sort trop jaloux de sa gloire!

0 jour que tout ici "appelle à ma mémoire,

Jour cruel qu'ont suivi tant de jours malheureux.

Lieux terribles, témoins d'un parricide alireux.

Retracez-nous sans cesse un spectacle si triste!

Oreste, c'est ici que le barbare Égisthe,

Ce monstre détesté, souillé de tant d'horreurs,

Immola votre père à ses noires fureurs.

Là, plus cruelle encor, pleine des Euménides,

Son épouse sur lui porta ses mains perfides.

C'est ici que sans force, et baigné dans son sang,

Il fut longtemps traîné le couteau dans le flanc.

Mais c'est là que, du sort lassant la barbarie,

)1 finit dans mes bras ses malheurs et sa vie.

C'est là que je reçus, impitoyables dieux !

Et ses derniers soupirs, et ses derniers adieux.

«( A mon triste destin puiscju'il faut que je cède.

« Adieu,prendssoinde toi, luis, mon cher Palamèdc,

« Cesse de m'immoler d'odieux ennemis :

« Je suis assez vengé si tu sauves mon fils.

« Va, de de ces inhumains sauve mon cher Oreste :

« C'est à lui de venger une mort si funeste. »

Vos amis sont tout prêts ; il ne lient plus qu'à vous ;

L'ne indigne terreur ne suspend plus leurs coups;

Chacun, à votre nom, et s'excite et s'anime ;

On ii'atlend, pour frapper, que vous et la victime.

(à Electre.)

De votre part, madame, on croit que votre cœur Voudra bien seconder une si noble ardeur. C'est parmi les flambeaux d'un coupable hyménée Que le tyran doit voir trancher sa destinée.

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