‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 179 sur 454 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ELECTRE, IPHIANASSE, ARCAS.

ARCAS

Madame, c'en est fait : tout cède à nos efforts ; Ce palais se remplit de mourants et de morts. Vous savez qu'aux autels notre chef intrépide Devait d'Agamemnon punir le parricide ; Mais les soupçons d'Egisthe, et des avis secrets, Ont hâté ce grand jour si cher à nos souhaits. Oreste règne enfin : ce héros invincible Semble armé de la foudre en ce moment terrible. Tout fuit à son aspect, ou tombe sous ses coups: De longs ruisseaux de sang signalent sou courroux. J'ai vu prêt à périr le fier Ifys lui-même Désarmé par Oreste en ce désordre extrême. Ce prince au désespoir, cherchant le seul trépas, Portant partout la mort et ne la trouvant pas, A son père peut-être eût ouvert un passage; Mais sa main désarmée a trompé son courage. Ainsi, de ses exploits interrompant le cours, Le sort, malgré lui-même, a pris soin de ses jours.

1S6 ELECTRE

Oicste, qu'irritait une fureur si vaine,

A sa valeur bientôt fait tout céder sans peine.

Jai cru de ce succès devoir vous avertir.

De ces lieux cependant gardez-vous de sortir,

Madame: la retraite est pour vous assurée;

Des amis affidés en défendent l'enlrée.

Voire ennemi d'ailleurs, au gré de vos désirs, [pirs.

Aux pieds de son vainqueur rend les derniers sou-

IPHIANASSE.

0 mon père! à ta mort je ne veux point survivre: Je ne puis la venger, je vais du moins te suivre.

(a Electre.)

Cruelle, redoutez, malgré tout mon malheur, [geur. Que l'amour n'arme encorpour moi plus d'un ven-

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