‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 189 sur 454 · ACTE I, SCÈNE U · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE U

Ce n'est pas que, sensible à rardeur qui vous flalîc. J'approuve ces transports où votre amour éclate.

ARSAUE.

Ah! malgré tout l'amour dont je brûle pour vous, Faites-moi seul l'objet d'un injuste courroux : Imposez à mes feux la loi la plus sévère, Pourvu que votre main se refuse à mon père. Si pour d'autres que moi votre cœur doit brûler, Donnez-moi des rivaux que je puisse immoler, Contre qui ma fureur agisse sans murmure. L'amour n'a pas toujours respecté la nature : Je ne le sens que trop à mes transports jaloux. Que sais-je, si le roi devenait votre époux. Jusqu'où m'emporterait sa cruelle injustice? Ce n'est paslfc seul bien que sa majn me ravisse, L'Arménie, attentive à se choisir un roi, Par les soins d'Hiéron se déclare pour moi. Ardent à terminer un honteux esclavage, Je venais à mon tour vous en faire un hommage ; Mais un père jaloux, un rival inhumain, Veut me ravir encor ce sceptre et votre main. Qu'il m'enlève à son gré l'une et l'autre Arménie, Mais qu'il laisse à mes vœux la charmante Isménie. Je fodsais mon bonheur de plaire à ses beaux yeux, Et c'est l'unique bien que je demande aux dieux,

ZÉNOBIE

Et pourquoi donc ici m'avez-vous amenée? Quelle que fût ailleurs ma triste destinée. Elle coulait du moins dans l'omlire du repos, [maux. C'est vous, par trop de soins, qui comblez tous mes D'ailleurs, qu'espérez-vous d'une flamme si vive? Tant d'amour convient-il au sort d'une captive? Vous ignorez encor jusqu'où vont mes malheurs. Rien ne saurait tarir la source de mes pleurs. Ah! quand même l'amour unirait l'un et l'autre, L'hymen n'unira point mon sort avec le vôtre. Malgré tout son pouvoir, et son amour fatal, Le roi n'est pas, seigneur, votre plus lier rival : Un devoir rigoureux, dont rien ne me dispense, Doitforcer pour jamais votre amour au silence, [roi. J'entends du bruit ; on ouvre. Ah, seigneur ! c'est le Que je crains son abord et pour vous et pour moil

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SGÈiNE m

PHARASMÂNE, ZÉNOBIE, sous l» nom d'ISMÉNIE;

AUSAME, MITRANE, HYDASPE, PHÉMCE,

GARDES

PHARASMANE.

One vois-je? c'est mon iils! DnnsArtanisse, Arsame! Uu cl dessein l'y conduit? Vous vous taisez, madame! Arsame près de vous, Arsame dans ma cour, Lorsque moi-même ici j'ignore son retour ! De ce trouble confus que faut-il que je pense?

(a Arsame.)

Vous à qui j'ai remis le soin de ma vengeance, Que j'honorais enfin d'un choix si glorieux. Parlez, prince ; quel soin vous ramène en ces lieux ? Quel besoin, quel projet a pu vous y conduire, Sans ordre de ma part, sans daigner m'en instruire?

ARSAME.

Vos ennemis domptés, devais-je présumer Que mon retour, seigneur, pourrait vous alarmer? Ah ! vous connaissez trop et mon cœur et mon zèle, Pour soupçonner le soin qui vers vous me rappelle. Croyez, après l'emploi que vous m'avez commis. Puisque vous me voyez, que tout vous est soumis. Lorsqu'au prix de mon sang je vous couvre de gloire, Lorsque tout retentit du bruit de ma victoire. Je l'avouerai, seigneur, pour prix de mes exploits, Que je n'attendais pas l'accueil que je reçois. J'apprends de toutes parts que Rome et la Syrie, Que Corbulon armé menacent l'ibérie :

Votre fils se tlattait, conduit par son devoir, Qu'avec plaisir alors vous pourriez le revoir: Je ne soupçonnais pas que mon impatience Dût dans un cœur si grand jeter la défiance. J'attendais qu'on ouvrît pour m'oll'rir à vos yeux, Quand j'ai trouvé, seigneur, Isménie en ces lieux.

PHARASMANE.

Je crains peu Corbulon, les Romains, la Syrie: Contre ces noms fameux mon âme est aguerrie; Et je n'approuve pas qu'un si généreux soin Vous ait, sans mon aveu, ruuiené de si loin. D'ailleurs qu'a fait de plus, qu'a produit ce ^;rand Que le devoir d'un fils et d'un sujet fidèle? [zèle,

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