‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 188 sur 454 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

ZÉNOBIE, sous le nom d'ISMKME; ARSAME,

PHÉNICE

ARSAME.

M'est-il encor permis de m'offrir à vos yeux ?

ZÉNOBIE

C'est vous-même, seigneur? Quoi! déjà l'Albanie...

Tout est soumis, madame; et la belle Isinônie, Quand la gloire paraît me combler de faveurs, Semble seule vouloir m'accabler de rigueurs. Trop sûr que mon retour d'un inflexible père Va sur un tîls coupable attirer la colère. Jaloux, désespéré, j'ose, pour vous revoir, Abandonner des lieux commis à mon devoir. Ah! madame, est-il vrai qu'un roi fier et terrible Aux charmes de vos yeux soit devenu sensible? Que l'hymen aujourd'hui doive combler ses vœux? Pardonnez aux transports d'un amant malheureux. Ma douleur vous aigrit: je vois qu'avec contrainte D'un amour alarmé vous écoutez la plainte. Ce n'est pas sans raison que vous la condamnez : Le reproche ne sied qu'aux amants fortunés. Mais moi, qui fus toujours à vos rigueurs en butte, Qu'un amour sans espoir dévore et persécute ; Mais moi, qui fus toujours à vos lois si soumis, Qu'ai-je à me plaindre, hélas ! et que m'a-t-on proindigné cependant du sort qu'on vous prépare, [mis? Je me plains et de vous et d'un rival barbare.' L'amour, le tendre amour qui m'anime pour vous. Tout malheureux qu'il est,n'en est pasmoinsjaloux.

ZÉNOBIE

Seigneur, il est trop vrai qu'une flamme funeste A fait parler ici des feux que je déteste : Mais, quel que soit le rang et le pouvoir du roi, C'est en vain qu'il prétend disposer de ma foi.

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