‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 208 sur 454 · EN0BIE · texte numérisé non relu

EN0BIE

Lève-loi : c'en est trop. Puisqm^ je te pardonne. Que servent les regrets où ton cœur s'abandonno? Va, ce n'est pas à nous que les dieux ont remis Le pouvoir de punir de si chers ennemis. Nomme-moi les climats où tu souhaites vivre : Parle, dès ce moment je suis prête à te suivre. Sûre que les remords qui saisissent ton cœur Naissent de ta vertu plus que de ton malheur. Heureuse si pour toi les soins de Zénobie Pouvaient un jour servir d'exemple à l'Arménie, La rendre comme moi soumise à ton pouvoir. Et l'instruire du moins à suivre son devoir!

RHADAMISTE

Juste ciel! se peut-il que des nœuds légitimes Avec tant de vertus unissent tant de crimes ; Que l'hymen associe au sort d'un furieux Ce que de plus parfait tirent naître les dieux? Quoi ! tu peux me revoir sans que '.<i mort d'im père, Sans que mes cruautés, ni l'amour de mon frère. Ce prince, cet amant si grand, si généreux. Te fassent détester un époux malheureux? Et je puis me ilatter qu'insensible à sa flamme Tu dédaignes les vœux du vertueux Arsame ? Que dis-)e?lrop heureux que pour moi dans ce jour Le devoir dans ton cœur me tieime lieu d'amour!

ZÉNOBIE

Calme les vains soupçons dont ton âme est saisie, Ou cache-m'en du moins lindigne jalousie; Et souviens-loi qu'un cœur qui peut te pardonner Est un cœur que sans crime on ne peut soupçonner.

RHADAMISTE

Pardonne, chère épouse, à mon amour funeste; Pardonne des soupçons que tout mon cœur déteste.

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