‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 219 sur 454 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

PIIARASMANE, ARSAME, HYDASPE,

MITRANE, GARDES.

PHARASUANE.

Fils ingrat et perfide, Que dis-je? au fond du cœur peut-être parricide, Esclave de Néron, eh 1 quel est ton dessein?

(a Hydaspe.)

Qu'on m'amène en ces lieux l'ambassadeurromain. Traître, c'est devant lui que je veux le confondre. Je veux savoir du moins ce que tu peux répondre; Je veux voir de quel œil tu pourras soutenir Le témoin d'un complot que j'ai su prévenir; Et nous verrons après si ton lâche complice Soutienclia sa fierté jusque dans le supplice. Tu ne me vantes plus ton zèle ni ta foil

176 RUADAMISTE ET ZKNOBIt:.

ARSAME.

Elle n'en est pas moins sincère pour mon roi.

Fils indigne du jour, pour me le faire croire, Fais que de tes projets je perde la mémoire. Grands dieux, qui connaissez ma haine et mes df»s- Ai-jepumettreaujourunamidesRomains? [seins,

ARSAME.

Ces reproches honteux dont en vain l'onm'accabio Ne rendront pas, seigneur, votre fils plus coupable. Que sert de m'outrager avec indignité?

Donnez-moi le trépas si je l'ai mérité : [ma vie, Alais ne vous tlaltez point que, tremblant pour Jusqu'à la demander la crainte m'humilie. Qui ne cherche en effet qu'à me faire périr En faveur d'un rival pourrait-il s'attendrir? Je sais que près de vous, injuste ou légitime. Le plus léger soupçon tint toujours lieu de crime; Que c'est être proscrit que d'être soupçonné; Que votre cœur enfin n'a jamais pardonné. De vos transports jaloux qui pourrait me défendre. Vous qui m'avez toujours condamné sans m'enten-

PHARASMANK. [drC ?

Pour te justifier, eh! que me diras-tu?

Tout ce qu'a dû pour moi vous dire ma vertu; Que ce fils si suspect, pour trahir sa patrie, Ne vous fût pas venu chercher dans l'Ibérie.

PHARASMANE.

D'où vient donc aujourd'hui ce secret entrelien, S'il est vrai qu'en ces lieux tu ne médites rien? Quand je voue aux Romains une haine iniinoitelle, Voir leur ambassadeur est-ce m'étre fidèle? Est-ce pour le punir de m'avoir outragé, Qu'à lui parler ici mon fils s'est engagé? Car il n'a point dû voir l'ennemi qui m'offense. Que pourvengermagloire.ou trahir ma vengeance: Un de ces deux motifs a dû seul le guider; Et c'est sur l'un des deux que je dois décider. Eclaircis-moi ce point, je suis prêt à t'enlendre; Parle.

ARSAME.

Je n'ai plus rien, seigneur, à vous apprendre. Ce n'est pas un secret qu'on puisse révéler : Un intérêt sacré me défend de parler.

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