SCÈNE IV
ARSAME, MITRANE, gardes.
ARSAME.
Dieux, témoins des fureurs que le cruel médite, L'abandonnerez-vous au transport qui l'agite? Par quel destin faut-il que ce funeste jour Charge de tant d'horreurs la nature et l'amour? Mais je devais parler; le nom de fils peut-être... Hélas! que m'eût servi de le faire connaître? Loin que ce nom si doux eût fléchi le cruel, Il n'eût fait que le rendre encor plus criminel. Que dis-je, malheureux? Que me sert de me plaindre? DansTétatoûje suis, eh! qu'ai-je encor à craindre? Mourons ; mais que ma mort soit utile en ces lieux. A des infortunés qu'abandonnent les Bieii'x; Cher ami, s'il est vrai que mon père inflexible Aux malheurs de son fils te laisse un cœur sensible, Dans mes derniers moments à toi seul j'ai recours. Je ne demande point que tu sauves mes jours; Ne crains pas que pour euxj'ose rien entreprendre: Mais si tu connaissais le sang qu'on va répandre. Au prix de tout le tien tu voudrais le sauver. Suis-moi; que ta pitié m'aide à le conserver. Désarmé, sans secours, suis-je assez redoutable Pour alarmer encor ton coeur inexorable? Pour toute grâce enfin je n'exige de toi Que de guider mes pas sur les traces du roi.
MITRANE.
Je ne le nierai point, votre vertu m'est chère; Mais je dois obéir, seigneur, à votre père : Vous prétendez en vain séduire mon devoir.
ARSAME.
Eh bienipuisque pour moirien ne peut t'émouvoir... Mais, hélas! c'en est fait, et je le vois paraître. Justes dieux, de quel sang nous avez-vousfait naître!
(a part.)
Ah! mon frère n'est plusl