‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 245 sur 454 · ACTE III, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE II

Il ne nous reste plus, dans un si Irisle sort, D'autre espoir que celui d'illustrer notre mort. jVIourons : mais, s'il se peut, avant qu'on nous oppri- Honorons mon trépas de plus d'une victime. [me, Seul espoir dont mon cœur s'est trop entretenu, Imprudent Ninias, qu'ètes-vous devenu?

MADATE.

Seigneur, dès que le sort contre nous se déclare. Que pourrait contre lui la vertu la plus rare? El quel espoir encor peut vous être permis Dans ces perfides lieux à la reine soumis? C'est loin d'ici qu'il faut conjurer un orage Que prétendrait en vain braver votre courage.

BÉLUS

Qui? moi! qu'en fugitif j'abandonne ces lieux! Mes ennemis y sont, et je ne cherche qu'eux. Le ciel même dût-il m'accabler sous sa chute, Mon cœur n'est pas de ceux que le péril rebate Il n'a jamais formé que d'illustres desseins. Et ma perte aujourdhui n'est pas ce que je crains. As-tu fait de ma part avertir iMermécide? C'est de lui que j attends un conseil moins timide. 11 vient : cours cependant informer Agénor Qu'un moment sans témoins je veux le voir encor. Je conçois un projet qui flatte ma vengeance, El rend à mon courroux sa plus chère espévance.

Page 1