SCÈNE ÏV
MERMÉCIDR, AGKNOR, MIRAME.
AGÉNOR
Approchez; vous pouvez parler en sûreté.
D'un secret important chargé de vous instruire... Mais daignez ordonner, seigneur, qu'on se retire.
à Mirame. AOÉNOR.
Sortez.... Eh bien! quel est ce secret important? Hàtez-vous; tout m'appelle ailleurs en cet instant.
UERSIÉCIDE.
Seigneur, dans ce billet que j'ose ici vous rendre...
AOKNOR.
De quelle main ?
MER M ÉCIDK.
Lisez, et vous allez l'apprendre.
A G fc N 0 R .
C'est de Bélus sans doute, et son cœur généreux Daigne encor... IVIais lisons.
(Mnrmécidc tire un poignard, et Agénor lui arrête la main.)
Arrt^te, malheureux !
D'une si faible main qu'espèies-tu, perllde? l\Iais qu'est-ce que je vois? Grands dieux ! c'est Mer-
[mécide
MERMÉCIDE.
Ciel ! que vois-je h mon tour? Mérodate! mon fils! Et pour comble d'horreurs, parmi mes ennemis!
AGÉNOR
Seigneur, ne mêlez point d'amertume à ma joie : Pénétré du bonheur que lo ciel me renvoie. Mon cœur ne ressentit jamais tant de douceur.
Et lo mien n'a jamais ressenti tant d'horreur. En quels lieux m' direz- vous une tête si chère I
22Ô SÉMIRAMIS
AGÉNOR
0 ciel ! à quels transports reconnais-je mon père !
MERMÉCIDE.
Dieux ! ne ni'a-t-il coûté tant de soins, tant de pleurs, Que pour le voir lui seul combler tous mes nial-
[heurs ?
De l'éclat qui vous suit que mon unie alarmée, Cruel! en d'autres lieux aurait été charmée! Ahl lils trop imprudent, que faites-vous ici? De votre sort aflieux tremblez d'être éclairci. Mais j'aperçois la reine, ingrat! et je vous laisse.
AGÉNOR
Ah ! de noms moins cruels honorez ma tendresse : Du plaisir de vous voir ne privez point mes yeux : Vous n'avez près de moi rien à craindre en ces lieux.