‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 26 sur 454 · XXXVIII NOTICE SUR CREBILLON · texte numérisé non relu

XXXVIII NOTICE SUR CREBILLON

virent dans le choix de l'heure la préméditation de les éloigner de la cérémonie. La suite des événements ne

fut pas pour les détromper.

Ayant conçu la pensée de faire dire à leurs frais une messe solennelle, ils s'en ouvrirent au curé de Saint-Gervais, qui les éconduisit. Ils éprouvèrent le même refus dans d'autres paroisses, dont les curés se conformaient aux instructions générales et spéciales données à cet effet par l'ordinaire, c'est-à-dire par ('archevêque de Paris.

Cet archevêque était, depuis l'année 1746, monseigneur Christophe de Beaumont, célèhre par ses démêlés avec la secte philosophique, non moins que par sa résistance aux arrits du Parlement de Paris en matière ecclésiastique, résistance qui finit par l'écarter de son siège et le faire mourir en exil. Fidèle à la devise des Beaumont : Impavidum ferient ruinse, ce prélat, qui sacrifia sa situation et son repos à des convictions intraitnbles, était respectable par l'ausléi-ité de ses mœurs et son inépuisable générosité; mais il ne se piquait ni de tolérance quant aux principes, ni de ménagements dans la pratique journalière de la vie. On peut entrevoir, dans les incidents qui se rattachent à la mort de Crébillon, comme un contre-coup de la lutte que l'archevêque avait engagée contre le Pai-lement soutenu par le duc de Choiseul et la marquise de Pompadour. Or, Crébillon était ouvertement le protégé de celle-ci, qui se plaisait à lui attirer les marques publiques de la faveur royale. Je ne hasarde ici qu'une hypothèse; mais il faut bien admettre quelque -arrière-pensée de ce genre si l'on veut donner un sens aux taquineries qui scandalisèrent ou amusèrent les oisifs pendant un mois.

B(;poussés par les curés de toutes les paroisses, les Comédiens imaginèrent de s'adresser à M. l'abbé Huût, curé de Saint-Jean-de-Latran. Cette église, fort ancienne, occupait entre la place Cambrai, la rue Saint- Jacques et la rue Jean-de-Beauvais le ceutre d'un îlot de maisons assez misérables dont elle était la paroisse (1), et formait une commaiiderie de l'ordre de Malte, placée, à ce titre, en dehors de la juridiction de l'orornaire. L'abbé Huot ne vit rien que de

(1) L'eraplacemeat de la commanderie de Saiat-Jeaa-de-Latrau eaf aujourd'hui traversé de l'est k l'ouest par la rue de ce Qonf •

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