SUR SA VIE ET SES OUVRAGES. XXXVII
core été suggérée jusqu'ici, donne peut-être la clef d'incidents regrettables dont les causes sont demeurées obscures.
Cependant, la forte constitution de Crébillon lutta cinq mois encore contre le mal; peut-être la chute de l'Ecueil du Sage et les éclats de rage de Voltaire parvinrent-ils jusqu'à son lit de douleur. Crébillon fils, dont l'affection et le dévouement ne faiblirent pas une minute, vint partager l'appartement do sou père, et eut la triste consolation de recevoir son dernier soupir. Administré une seconde fois, le 14 juin, Crébillon mourut le 17 à neuf heures du soir, âgé de quatre-vingt-huit ans, cinq mois et quatre jours. « Une i« laisse qu'un fils », écrivait M. de Lç Porte, « à qui, « sans les bienfaits que Sa Majesté, en considération « de l'honneur que M. de Crébillon faisait à la nation « et aux lettres, a daigné répandre sur lui, il ne res- « teroit exactement que le nom de son père. »
Ses collègues de l'Académie française, ses parents et ses amis furent invités aux obsèques par une lettre de faire part dont le Cabinet des manuscrits conserve un exemplaire :
« Vous êtes priez d'assister au convoy et enterre- « ment de Pnospca Jolyot de Ckebili.on, écuyer, l'un « des Quarante cie l'Académie fraiiroise, des Acadé- « mies de Dijon et de Rouen; Cens<Mir Boyal et de la « police, décédé en sa maison, rue des Douze Portes « au Marais; Qui se feront cejiiurd'huy samedy « IT' juin 176'.*, ti six heures du suir, en l'église de « Saint-Cervais sa paroisse où il sera inhumé. — « liecjuiencat in pace.
« De la part de Messire Jolyot de Crébillon, son fils. ..
L'Jieure tardive de l'inhumation, sans être précisément exceptionnelle, car j'en connais plusieurs exemples, n'était cependant pas ordinaire ; le biographe du Mercure (juillet 17G2) se crut obligé de l'expliquer par les ordres mêmes du défunt, donnés avec une précision telle qu'on ne pouvait s'y soustraire. Cette volonté avait-elle été spontanée ou inspirée, sinon dictée?
J'indique ce problème sans m'y arrêter. Toutefois, les Comédiens ordinaires du Roi, mis dans l'impossibilité de rendre, comme ils en avaient manifesté l'intention, les derniers devoirs a l'illustre octogénaire,