SCÈNE IV
CATILINA, TULLIE; FULVIE, déguisée en esclave. CATILINA, à part.
Quevois-je? c'est Fulvie!
TULLIE, à Fulvie.
Parlez, je vous l'ordonne au nom de la patrie.
FULVIE
Qui? moi parler, madame! A quel péril affreux Exposez-vous ici les jours d'un malheureux ! D'un Romain, quels qu'en soient le rang et la nais- Je saiscombienje dois respecter la présence : [sance, De celui-ci surtout je redoute l'aspect.
TULLIE
Parlez, et dépouillez ce frivole respect. Un esclave enhardi par le salut de Rome, Doit-il tant s'effrayer à l'aspect d'un seul homme? Connaissez-vous celui qui paraît à vos yeux ? Répondez : quel est-il ?
FULVIE
C'est uc séditieux.
Je ne connais que trop ce mortel redoutable, Et le plus grand de tous, s'il était moins coupalde. Oui, madame, c'est lui : voilà le furieux Qui veut souiller de sang sa patrie et ses dieux. Egorger le sénat, immoler votre père, Et, la flamme à la main, désoler Rome entière.
CATILINA, feignant de ne pas reconnaître Fulvie.
Quoi ! vous osez commettre un homme tel que moi Avec des malheureux si peu dignes de foi! Et vous me réduisez à souffrir qu'un esclave, Au mépris de mon rang, me flétrisse et me brave ! Ah ! c'est pousser l'injure et l'audace trop loin.
TULLIE
Ingrat, rougis du crime, et non pas du témoin. Mais en vain ton orgueil s'attache à le confondre :