‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 305 sur 454 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CICÉRON

Caton ne paraît point, et la nuit qui s'avance Accroît à chaque instant l'horreur qui la devance. Pélréius, invité de hâter son retour.

Ne peut plus arriver avant la fin du jour; El ce jour malheureux était le seul peut-être Qui pouvait me flatter de triompher d'un traître. Plus sur son innocence il a cru m'abuser, Plus mon cœur défiant s'obstine à l'accuser. Je sais qu'à Manlius il vient doter la vie ; C'est pour mieux m'éblouir qu'il nous le sacrifie. Trop heureux si je puis à mon tour lui cacher Le péril du décret qu'il vient de m'arracher ! Mais nous sommes perdus si jamais il devine Qu'en secret par Céson je trame sa ruine ; Des pièges qu'on lui tend habile à se venger. Il en ferait sur moi retomber le danger. Rufus m'assure en vain d'une longue défense ; Céson est désormais mon unique espérance. Quelle honte pour vous, indomptables Romair.s, De n'avoir pour appui que de si faibles mains ! 0 loi qu'en ses malheurs Rome toujours implore, Et que sans te nommer en secret elle adore j

272 CATILLNA.

Toi qui devais un jour, couronnant ses exploits, Sounielire à son pouvoir les peuples et les rois, Daigne aujourd'hai, du moins, favorable génie, La sauver de l'opprobie et de la tvrannie ! Caton ne revient point! je crains que son ardeur Plus loin que je neveux n'entraîne son grand cœur. Mais je le vois, c'est lui. Quoi! vous êtes en armes ! Venez-vous redoubler ou calmer nos alarmes?

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