‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 335 sur 454 · ARTABAN, TISSAPHERNE · texte numérisé non relu

ARTABAN, TISSAPHERNE

ARTABAN

D'une vaine fureur je crains peu la menace. Va, je saurai bientôt réprimer ton audace.

TISSAPHERNE

Ah! seigneur, que pour vous aujourd'hui j'ai trem- Du courroux de Xerxès jesuis encor troublé, [blé!

ARTABAN

Peux-tu craindre pour moi la colère d'un maître Tremblant d'avoir parlé dès qu'il me voit paraître? Je n'ai pas dit un mot, que d'un si vain transport J'ai fait sur son fils seul retomber tout l'effort. Du chemin qu'il tenait, instruit par Mérodate, Je me suis à sa vue écarté de l'Euphrate : Résolu d'attirer ce prince dans ces lieux. J'ai fait croire à Xerxès que cet ambitieux Avec tant de secret n'avait caché sa route Qu'avec quelque dessein de le trahir sans doute. Rien n'est moins apparent ; cependant sans raison Il a d'un vain rapport saisi tout le poison. Darius est perdu si, pour sauver sa vie Il n'arme en sa faveur la moitié de l'Asie. J'achèverai bientôt d'ébranler la vertu D'un cœur de ses malheurs plus aigri qu'abattu. Tu vois comme il me hait ; mais, malgré sa colère, Je prétends dès ce jour le voir contre son père Revenir de lui-même implorer mon secours, A ceux qu'il outrageait avoir enfin recours. Artaxerxe le craint, son père le déteste ; C'est où je les voulais : je me charge du reste. Viens, Tissapherne, viens; le moment est venu. Laissons agir un cœur qui n'est plus retenu : Courons où nous entraîne un espoir magnanime.

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Viens, je réponds de tout : il ne faut plus qu'un

[crime.

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