‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 342 sur 454 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

XERXÈS. DARIUS, AMESTRIS, ARTABAN, TlSSAPHERiNE, PHÉNICE.

XERXÈS

C'est donc ainsi que respectant mes lois Vous osez d'Amestris chercher ici la vue?

.i^MESTRIS.

Depuis quand à ses feux est-elle défendue? Ah ! seigneur, se peut-il que ce fils malheureux Vous éprouve toujours si contraire à ses vœux? Ne peut-il d'un adieu soulager sa misère? Et ses moindres regrets offensent-ils son père? Ne craignez point que, prêt à vous désobéir. Il apprenne avec moi, seigneur, à vous trahir : D'un héros si soumis vous n'avez rien à craindre. Et vous ne l'entendrez vous braver ni se plaindre. De vos cruels détours moi seule je gémis

SI» XERXES

Mais mes larmes n'ont point corrompu votre fils. De la foi des serments l'autorité blessée, Des droits les plus sacrés la justice offensée, De vos détours enfln l'exemple dangereux N'ébranlera jamais un cœur si généreux.

XERXèS.

Pour son propre intérêt je veux bien vous en croire; Je n'en soupçonne rien de honteux à sa gloire. Qu'il parte cependant, et que la fin du jour Le trouve, s'il se peut, déjà loin de ma cour. Vous, suivez-moi, madame, où vous attend son AMESTRis. [frère.

Où, seigneur?

XERXÈS

Aux autels.

AMESTRIS.

C'est en vain qu'il l'espère :

Un autre hymen plus doux m'engage sous ses lois. Regardez ce héros, et jugez de mun choix. Adieu, cher Darius; je mourrai Ion épouse. Crois-en de ses serments une amante jalouse, Ou j'apprendrai du moins aux malheureux amants Le moyen de braver la fureur des tyrans.

Page 1