‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 341 sur 454 · ACTE m, SCÈNE V." SO · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE V." SO

AMESTRIS.

Garde-toi sur ses jours d'aller rien entreprendre: Souffre, sans l'alarmer, que j'ose le défendre. Si les rivaux étaient tous aussi généreux. On ne verrait pas tant de criminels entre eux. C'estlui qui, dans l'aveu qu'il m'a fait de sa flamme. Sur de cruels soupçons vient d'éclaircir mon àme; Qui, sensible à tes maux, bien loin d'en abuser, A l'offre de ma main vient de se refuser. Je crains trop les transports où ton amour te livre : Partons, si tu le veux ; je suis prèle à te suivre : Fuyons loin de Xerxès : mais en quittant ces lieux Sortons-en, s'il §e peut, encor plus vertueux. Laissons à l'univers plaindre des misérables Qu'il abandonnerait s"il les croyait coupables. J'aime mieux que Xerxès plaigne un jour nosraal-

[heurs, Que de voir ses États en proie à nos fureurs. Les dieux protégeront des amours légitimes, Qui ne seront souillés ni d'horreurs ni de crimes. Contente, pour toutbien, de l'honneur d'être à toi, Je ne. demande plus que ton cœur et ta foi. Xerxès vient: garde-toi d'un seul mot qui l'offense, D'armer contre tes jours une injuste vengeance; Il sera moins aigri d'entendre ici ma voix. Feignons...

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