‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 360 sur 454 · SCÈNE III ARTAXERXE, ARTABAN · texte numérisé non relu

SCÈNE III ARTAXERXE, ARTABAN

ARTABAN

Vous soupirez, seigneur ; un soin secret vous gêne :

Mais de votre pitié reconnaissez le fruit.

Par les pleurs d'Amestris tout le peuple est séduit.

L'ingrate, n'écoutant que l'amour qui la guide.

Rejette sur vous seul un affreux parricide.

On l'a vue en fureur s'échapper de ces lieux,

Porter de toutes parts ses pleurs séditieux.

A sauver Darius Babylone s'appiête,

A moins que par sa mort votre main ne l'arrête.

De ses fausses vertus un vain peuple abusé,

Malgré le crime affreux dont il est accusé,

Non seulement, seigneur, le plaint et lui pardonne,

Mais va jusqu'à vouloir le placer sur le trône.

Si jamais Darius échappe de vos mains.

Pour vous le conserver nos efforts seront vains :

Les soldats éblouis, plus touchés de sa gloire

Qu'indignés d'un forfait si difficile à croire,

Ardents à le servir, viendront de toutes parts

A flots impétueux grossir ses étendards.

Jugez alors, jugez si, bourreau de son père,

Sa main balancera pour immoler un frère?

Qui retient, en faveur d'un lâche meurtrier,

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