SCÈNE VII
ILLYRUS, HÉLÉNUS, gardes.
ILLYUUS.
Prince, un moment ; J'ai besoin avec vous d'un éclaircissement.
(a ses gardes.)
Gardes, éloignez- vous. Répondez-moi, mon frère, Puis-je avec vous ici m'expliquer sans mystère?
HÉLÉNUS
Oui, seigneur; vous pouvez parler en liberté.
Calmez donc les soupçons dont je suis agité. Avec empressement vous cherchez Éricie, Et je ne puis souffrir vos soins sans jalousie. Vous savez que je l'aime, et vous n'ignorez pas Que l'hymen à mon sort doit unir tant d'appas. Avec elle en ces lieux que faisiez-vous encore ? Parlez.
HÉLÉNUS
Je lui disais, seigneur, que je l'adore.
ILLYRUS.
Hélénus, songez-vous que vous parlez à moi, Et qu'Illyrus un jour doit être votre roi ?
HÉLÉNUS
Je vous obéirai quand vous serez mon maître, Si le destin m'abaisse au point d'en reconnaître ; Jusque-là mon amour craint peu votre pouvoir. Je sais jusqu'où s'étend la règle du devoir : Mais j'ignore, seigneur, ces tristes sacrifices Qui font gémir un cœur en d'éternels supplices. Le mien, qui ne connaît ni crainte ni détour, Regarde d'un même œil et la guerre et l'amour. Sans le péril affreux dont le sort vous menace. Vous verriez sur ce point jusqu'où va mon audace. Mais Hélénus, sensible autant que généreux. N'a jamais su, seigneur, braver les malheureux. Si l'amour vous livrait le cœur de la princesse, Ma fierté suffirait pour bannir ma tendresse ; Mais, si l'amour aussi daigne me l'accorder, Jusqu'au dernier soupir je saurai le garder. Adieu, seigneur.