‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 396 sur 454 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

GLA.UCIAS, HÉLÉNUS.

HÉLÉNUS

Seigneur, de ce discours que faut-il que je pense? Sur quoi le prince ici vanle-t-il son silence ?

GLAUCIAS.

Ah ! mon fils, ce secret ne regarde que moi ; Mais il a d'un seul mot glacé mon cœur d'elTroi. Hélas! que de son sort mon âme est attendrie ! Pyrrhus, que de vertu ma foi te sacrifie !

HitLÉNUS.

Le prince va, dit-i!, se perdre pour Pyrrlms ;

Et c'est lui cependant sous le nom d'illyrus,

Si j'en crois les soupçons du tyran de l'Épire.

Seigneur, de ce seciel vous pouvez seulm'instruire.

Mon respect m'a forcé de cacher jusqu'ici

Les désirs que j'avais de m'en voir éclairci;

Mais, s'il a triomphé de mon impatience,

Je rougis à la fin de votre défiance.

Si jamais votre cœur fut sensible pour moi,

Si mon amour pour vous a signalé ma loi,

Si j'ai pu m'illustrer en marchant sur vos Irnces,

Et par quelques exploits su mériter des grâces,

Du sang que j'ai perdu je n'exige qu'un prix :

Est-il vrai qu lUyrus ne soit point votre fils ?

GLAUCIAS.

Je ne suis point surpris qu'un làchecœursoupçonne Qu'Illyrus soit Pyrrhus, dès que je i"abandonne : Mais vous, jusqu'à ce jour élevé dans mon sein. Vous, à qui des vertus j'aplanis le chemin, Que j'instruisis d'exemple, auricz-vous osé croire Que d'une lâcheté j'eusse souillé ma gloire ? Non, mon cher Hélénus : ce fils abandonné N'en est pas moins celui que les dieux m'ont donné ; Et plût au sort cruel qu'il eût un autre père !

Vous n'éclaircissez pas, seigneur, tout le mystère.

GLAUCIAS.

Prince, c'est trop vouloir pénétrer un secret:

OlTiez à ma douleur un zèle plus discret.

Et n'en exigez pas plus que je n'en veux dire.

il KL EN us.

C'en est assez pjur moi, seigneur, je me retire,

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