‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 412 sur 454 · ACTE V, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE V

Il se livre à les coups ; que veux-tu ?

NÉOPTOLÈMK.

L'adiiurcr.

Ne jujïe point de moi par ce que j'ai pu faire. Le malheur rend souvent le crime nécessaire; Et le penchant des cœurs ne dépend non plus d'eux, Qu'il en dépend de naître heureux ou malheureux. C'est dans le sang des rois que j'ai puisé la vie ; Mais, quand je serais né des monstres d'Hyrcanie, J'aurais été touché d'un trait si généreux. Pyrrhus, un même sang nous a formé tous deux; Mais les mêmes vertus n ont point fait mou partage. Si j'ai troublé des jours que t'enviait ma rage, Je te laisse aujourd'hui maître, absolu des miens. Et je prodiguerais tout mon sang pour les tiens. Je t'ai ravi le sceptre, et je te l'abandonne. Un ami tel que toi vaut mieux qu'une couronne ; El je préférerais à l'éclat de mon rang L'honneur d'être avoué pour prince de ton sang.

Si j'osais me flatter, malgré la mort d'un père, Qu'un repentir si grand fût durable et sincère...

NÉOPTOLÈME

C'est à vous que je dois ce retour vertueux Qui me rend à moi-même, à mon prince, à mes

[dieux.

Seigneur, Je n'ose encor prétendre à votre estime : Un bien si glorieux n'est pas le prix d'un crime. Trop heureux que Pyrrhus ne m'en punisse pas, Et-veuille de ma main recevoir ses États !

A ce noble retour je sens que ma justice, Malgré la voix du sang, doit plus d'un sacrifice. Puisqu'un remords suffit pour apaiser les dieux, Les rois ne doivent pas en exiger plus qu'eux. Dès qu'il leur plaît ainsi, jouissez de la vie : Moi, je vous rends le sceptre en faveur d'Éricie.

NÉOPTOLÈME lui présente Éricie.

Daignez donc accepter ce gage de ma foi, Seigneur ; c'est le seul bien qui soit encore à moi.

(a Illyrus.)

Prince, sur cet hymen je n'ai rien à vous dire Votre cœur est trop grand pour ne point y sous- (a Glaucias.) [crire.

Et vous, digne mortel dont les dieux firent choix

Pour être le vengeur et l'exemple des rois, Généreux Glaucias, à qui je dois la gloire De pouvoir effacer l'action la plus noire, Recevez votre fils pour prix d'un si grand bien. Et vous, mon cher Pyirhus, daignez être le mien.

FIN DE rY!!niJU3,

ou LA MORT DE CICÉRON

TRAGÉDri:

miPRRSENTÉE POIR LÀ FREMltRK FO:S LE 23 UECEMBRR t'54.

ACTEURS

OÇTAVE-CÉSAR | , ■ LÉPIDE 1 triunnirs.

CICÉRON, consul.

TULLIE, fille de Cicérou.

SEXTUS, fils (le Pompée, et déguisé r-oiis le nom de Clodomir,

chi-f des Gaulois.

MÉC i.NE. liivoii d'Octave.

PUHiIPPE, affranchi du grand Pompée.

La scène est à Rome, dans la place publique.

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