‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 429 sur 454 · CLODOMIR · texte numérisé non relu

CLODOMIR

Je vous cherchais, madame.

Quel trouble à mon aspect s'empare de votre ànie ! Quoi ! vous levez au ciel vos yeux baignés de pleurs ! N'ai-je donc pas assez éprouvé de malheurs? Les premiers n'ont que trop exercé ma constance. Ah! Tullie, autrefois ma plus chère espérance. Pardonnez à mon cœur quelques transports jaloux : L'heureux César va-t-il devenir votre époux?

TDLLIE.

Eh! plût au ciel n'avoir d'autre malheur à craindre ! Vous et moi nous serions peut-être moins à plaindre. OnVez à ma douleur de plus digues objets. Accablé de ses maux, consumé de regrets. Mon père avant sa mort veut que notre hyménée Éclaire de ses feux celte horrible journée, kh! que lui servira d'unir des malheureux Menacés comme lui du sort le plus affreux? Quel temps a-t-on choisi pour me faire connaîlre On époux qui n'aura qu'un seul moment à l'èlie? .Sextus, mon cher Sextus, renoncez à ma main; Ce n'est pas moi qui dois borner votre destin. Lorsque j'ai désiré que vous fussiez Pompée,

Hélas! qu'en ce souhait mon àmo s'est trompée A peine mon amour voit combler ce désir, Que je perds à la fois Sextus et Clodomir. Pourquoi de votre nom m'a-t-on fait un mystère?

SEXTUS

J'ai cru devoir moi-même y forcer votre père; Je craignais de jeter dans un cœur généreux Trop d'effroi, s'il avait à trembler pour nous deux. D'ailleurs, convenait-il au fils du grand Pompée De se montrer ici sans éclat, sans armée. Lui qui ne prétendait s'offrir à vos regards Qu'en protecteur de Rome et vainqueur des Césars? Et que ne veut-on pas quand l'amour est extrême? Clodomir désirait d'être aimé pour lui-même : Sextus sans votre amour pouvait- il être heureux? Mais en d'autres climats venez combler mes vœux. Vous pleurez! Depuis quand votre cœur intrépide IS"oppose-t-il au sort qu'un désespoir timide? Je viens de rassembler quelques soldats épars. Dispersés sous leurs chefs autour de ces remparts : Vous les trouverez tous ardents à vous défendre; Et, si de la valeur le succès doit dépendre, J'espère que la mienne y pourra concourir, Ne dût-il m'en rester que l'honneur de mourir. Dès que pour vous dans Rome il n'est plus d'espé- AUons de la Sicile implorer l'assistance. [rance, Ma flotte nous attend ; je règne sur les' eaux : Engageons votre père à fuir sur mes vaisseaux. Il est honteux pour lui de se laisser proscrire. Vous avez sur son cœur un souverain empire; Venez : faisons-lui voir qu'uu glorieux retour Peut le mettre en état de proscrire à son tour. S'il veut m'accompagner, je réponds de sa vie; Et l'amour couronne répondra de TuUie.

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