ACTE V, SCÈNE m
TULLIE
Ah! César, vos détours sont trop injurieux. Plus sincère que vous, je m'eApliquerai mieux. De Sextas, il est vrai, je dois être l'épouse. Loin de vouloir tromper votre flamme jalouse, J'avoûrai sans rougir que nous avons tous deux, Malgré tant de malheurs, brûlé des mêmes feux: Mais, quel que soit l'amour qu'il inspire à Tulli«, Si vous m'aimez encor, je vous le sacriiie. [reux. Vous pouvez d'un seul mot rendre mon sort heu- Parlez, me voilà prête à contenter vos vœux. Un si grand sacrifice est le prix de mon père : Rendez à ma douleur une tête si chère ; Apprenez-moi du moins ce qu'il est devenu.
OCTAVE
Hérennius ici n'a point encor paru.
Mécène, en attendant, prenez soin de Tullie : Je vais sur Cicéron interroger Fùlvie.
TULLIE
Non, César, demeurez... Mais quel objet nouveau Vient frapper mes regards sous ce triste tableau ? Hélas ! je reconnais la céleste tribune Que mon père occupait avant son infortune. C'est de là que, rempli d'un feu toujours divin, Il semblait prononcer les arrêts du destin... Plus j'ose l'observer, plus ma frayeur augmente. Mécène... la tribune... elle est toute sanglante. Ce voile encor fumant cache quelque forfait.
(Elle moute à la tribune, et lève le \oiIp.)
N'importe, je veux voir. Dieux ! quel affreux objet ! La tète de mon père !... Ah ! monstre impitoyable, A quels yeux offres-tu ce spectacle effroyable?
OCTAVE
L'horreur qui me saisit à ce terrible aspect Pourrait justifier l'homme le plus suspect. On n'en peut accuser que la main de Fulvie.
TOLLIE.
La tienne a-l-elle moins fait voir de barbarie? Ne lui conteste point un coup digne de toi. 0 Sextus ! tout est mort et pour vous et pour moi. Traître, pour assouvir la fureur qui t'anime,
(Elle se tue.)
Tourne les yeux : voilà ta dernière victime, FIN.