‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une notice par m. Auguste VituChapitre 57 sur 454 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

IDOMÉNÉE, IDÂMANTE, SOPHRONYME, PO- LYCLÈTE.

IDOMÉNÉE, bas, à Sophronyme.

Je vois mon fils : laissons cet entretien secret. Je t'ai tout découvert, mon amour et mon crime : Cache bien mon amour, encor mieux ma victime.

(a Idamante.)

Que cherchez-vous, mon fils, dans cette affreuse

IDAMANTE. [nuit ?

Longtemps épouvanté par un horrible bruit, Tremblant pour des malheurs qui redoublent sans

[cesse, Sans repos, toujours plein du trouble qui vous Alarmé pour des jours si chers, si précieux, [presse. Je vous cherche... Pourquoi détournez-vous les

[yeux?

Seigneur, qu'ai-je donc fait ? Vous craignez ma

[présence !

Quel traitement, après une si longue absence !

IDOMÉNÉE

Non, il n'est pas pour moi de spectacle plus doux, Mon fils ; je ne sais rien de plus aimé que vous. Mais je ne puis vous voir que mon cœur ne frémisse ; Je crains le ciel vengeur, et qu'il ne me ravisse Un bien...

IDAMANTE.

Ah! puisse-t-il, aux dépens de mes jours, A des maux si cruels donner un prompt secours ! La mort du moins, seigneur, finirait mes alarmes. Vous ne paraissezplus sans m'arracher des larmes; Triste, désespéré, vous cherchez à mourir : Et vous m'aimez, seigneur! Est-ce là me chérir? Le ciel en vain de vous écarte sa colère, [faire. Vous vous faites des maux qu'il ne veut pas vous llvous rendà mespleursquaiidje vous crois perdu; M'ôterez-vous, seigneur, le bien qu'il m'a rendu? IDOMÉNÉE. [tance,

Ah, mon fils! nos malheurs ont lassé ma cons- Et de fléchir les dieux je perds toute espérance. Trop heureux si le ciel, secondant mes souhaits, Me rejoignait bientôt à mes tristes sujets!

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