ACTE UI, SCENE V. Î
0 mon filsl taudra-t-il qu'elle te soit ravie? A des dieux sans pitié ne te puis-je arracher? Quel asile contre eux désormais te chercher? Que n'ai-je point tenté? Je t'offre ma couronne; Un départ rigoureux par moi-même s'ordonne ; Je crois t'avoir sauvé quand j'y puis consentir : Et les ondes déjà s'ouvrent pour t'engloutir! Fuis cependant, mon fils... 1 orage qui s'apprête Est le moindre péril qui menace la tête. Quoique je n'aie, hélas! rien de plus cher que toi, Tu n'as point d'ennemi plus à craindre que moi. 0 mon peuple! à mon fils! promesse redoutable! Roi, père malheureux ! dieux cruels! vœu coupable ! 0 ciel! de lant de maux toujours moins satisfait, Tu n'as jamais tonné pour un moindre forfait! Et vous, fatal objet dune flamme odieuse, Érixcne. à mon cœur toujours trop précieuse, Fuvcz avec mon fils de ces funestes lieux : [dieux : Pour tout ce qui m'est cher j'y dois craindre les
SGÈ.NE V
IDOMÉNÉE, IDAMANTE.
Malgré lalTreux péril du plus cruel naufrage, On (lit que vos vaisseaux vont quitter le rivage : Quoiijue de ces apprêts mon cœur soit alarmé, Je nr5 viens point, seigp^^ur, pour en êlre informé ; Je sais de vos secrets respecter le mystère, El l'on ne m'en fait plus l'heureux dépositaire.
IDOMÉNÉE
Mon cœur, que ce reproche accuse de changer. Vous tait des maux qu'il craint de vous voir partager. 11 en est cependant dont il faut vous instruire.
(a part.) [dire?
Ces vaisseaux... ces apprêts... Ciel! que lui vais-je Ah'! mon fils! . . . Non , mon cœur n'y saurait consentir.
IDAMANTK.
Dieux ! que vous m'alarmez!
IDOMÉNÉE
Mon fils, il faut partir.