SCÈNE VIII LE MARQUIS, OLYMPE, LUCRÈCE, C.\RLIN
LE M.\RQUIS, à Olympe.
C'est celle-ci? Bonjour. Comment vous portez-vous?
OLYMPE
Comme ayant eu longtemps toute l'inquiétude, Où d'un malheur qu'on craint plonge l'incertitude. Ce combat imprévu...
LE MARQUIS
Vous parlez d'hier au soir?
Ce n'est rien. En courant j'eus belle peur de choir.
J'en tenais tout du long faisant la culebute.
OLYMPE
De nuit les plus vaillants sont sujets à la chute.
LE MARQUIS
Comment aurais-je fait pour n'être point vaillant? Ce n'est que feu partout, j'ai le sang pétillant. Ta, ta, la, quand je vois l'ennemi qui recule, Et baye après.
OLYMPE, bas.
D'où vient qu'il fait le ridicule?
Me veut-il éprouver?
LE MARQUIS
Je crois qu'en cet instant Vous avez à me voir le cœur bien palpitant. Que je tàte.
OLYMPE
Ah, grands dieux !
LE MARQUIS, montrant Lucrèce.
C'est là votre cousine?
OLYMPE
Pourquoi le demander'?
Ou le voit à sa mine, Elle a le front ouvert, la bouche à l'avenant. Et visage jamais ne fut plus cousinant.
LUCRÈCE, à Olympe.
C'est là ce grand esprit?
OLYMPE
!Se me dis rien. J'enrage.
Se peut-il faire...
LE MARQUIS
Encore un mot de cousinage.
Tout à l'heure en entrant j'ai trouvé deux blondins Qui, pour me haranguer, se sont dits vos cousins. Je leur ai de mes gens chez eux offert l'escorte, Baissé la tête ensuite, et fait fermer la porte.
LUCRÈCE
Ils méritaient de vous plus de civilité.
LE MARQUIS
Je hais ces compliments à droit de parenté. Cent devoirs, dans l'abord, de peur qu'on se mutine. Grand accueil au cousin, et tout pour la cousine.
LUCRÈCE
Quoi, vous serez jaloux?
LE MARQUIS
Oui, si je deviens fou.
Jaloux! Je ne vois pas ni comment ni par où. Diable, après qu'on m'a vu,regarde-t-on personne? Cet œil perçant, ce lourde visage? Ah, friponne I Je vous vois me lancer un regard tendre et doux?
{A Olympe.) Qui fait... Votre cousine est plus belle que vous.
Vous nous déconcertez. Cela se doit-il dire?
LE MARQUIS
Doive ou non, je m'en ris.
LUCRÈCE
Mais pourquoi vous en rire?
Puisqu'enfin vous l'aimez...