SCÈNE YIII LE MARQUIS, VIRGINE, LISE, CARLIN, u.n page
VIRGINE
Rentrez, page.
Lie MARQUIS, (1 Carlin.
Du reste, il faut voir ce que c'est.
VIRGINE
Qu'aujourd'bui mon étoile est beureuse!
LE MARQUIS
Madame, Je m'étais fait de vous un portrait... Sur mou àme. C'était si bien votre air, qu'à la parole près. Mon iraagiualive avait pris tous vos traits. Un agrément de taille, et certain caractère... L)ieuniedamne,jecroisque vousme pourrez plaire. Il entre eu votre coi'ps petit, mais bien troussé, Je ne sais quoi de grand dont je me sens blessé; lit vos yeux ont, surtout, la pliysionumie...
VIRGINE
Leur clarté doit pourtant être bien endormie. Les veilles, la fatigue...
le MARQUIS.
Ab ! Je suis enchanté.
Que des yeux, la fatigue endorme la clarté. Voilà ce qui s'appelle un tour beau, grand, facile.
VIRGINE
L'enllurc de l'esprit parait dans le baut style.
le marquis. Il Curliii.
L'enflure !
VIRGINE
Qu'avec vous je ferai de profit!
LE MARQUIS
Ah!
VIRGI.NE.
Vous ne dites rien qui ne soit si bien dit...
LE .MARQUIS
Qu'on nudorinedeux mois.etjevaisvousapprendre Ce qu'un auti'e, en dix ans, ne ferait pas compren-
[dre ; Mais quand vous le sauriez, autant de bien perdu. On parle à des lourdauds, il faut être entendu. Dites un mot nerveux, vous trouverez des ânes...
VIllGINE.
Il est, je l'avouerai, peu d'esprits diaphanes, De ces esprits à jour bien ouverts.
LE MARQUIS
C'est pitié !
Aussi, pour la plupart, j'en rabats de moitié. J'y trouve une épaisseur...
VIRGINE
Que vous êtes à plaindre!
LE MARQUIS
Si je le suis! bien plus qu'on ne croit. Sansrienfein- De cent belles à qui je parais en conter, [dre
Je ne sache que vous digne de m'écouter. Au lieu qu'en admirant les gens d'esprits s'écrient. Je ne trouve partout que des sottes qui rient, Point de raisonuement.
VIRGINE
Pourquoi les voyez-vous?
Qui donc voir? Il faut bien hurler avec les loups. On me cherche, on me court ; je suis bon, coraviRGiNE. [ment faire?
Vous souffrez bien, je pense, à force de trop plaire.
LE MARQUIS
Si je voulais tenir papier de tous les cœurs...
VIRGINE
Qu'on vous fait chaque jour paraîtrede langueurs ! Que d'amoureux transports qui s'échappent!
LE MARQUIS
Je meure,
Je suis sourd des soupirs que j'entendsàtouteheuviRGiNE. [re.
11 en est qui pour vous auraient pu s'enhardir; Alais, puisque l'on connaît que c'est vous assour- LE MARQUIS. [dir...
M'assourdir?Non pas vous.
VIRGINE
Ah!
LE MARQUIS
Ma belle comtesse, Soupirez à votre aise, et que rien ne vous presse. Diable, vous n'êtes pas à mettre à tous les jours. Carlin, sou mal en moi prend déjà même cours. Mon cœur palpite.
CARLIN
Ailleurs, où trouver qui la vaille?
A dissiper mon trouble en vain mon cœur travaille, ; L'assaut que sa langueur me livre à l'impourvu... ! Mil monsieur le marquis, pourquoi vous ai-je vu? i