SCÈNE I OLY.MPE, VIRGINE
VIRfiIXE.
Demeurez-en d'accord, madame, quand on aime On trouve grand plaisir à se gêner soi-même. Des rebuts du marquis, votre père en courroux Semble être encor de lui plus dégoûté que vous; Et ce qui doit surtout flatter votre espérance. Avec le chevalier il est en conférence. Cependant on dirait, à vos fréquents soupirs. Que tout se montre ici contraire à vos désirs.
OLYMPE
Quoique du chevalier les vœuxpuissent me plaire, Par où le réponds-tu qu'ils plairont à mon père? Que sur lui son mérite aura même pouvoir"?
VIRGINE
S'il ne l'agréait pas, laurail-il voulu voir'?
OLYMPE
Je ne vais pas si vite en ce qui m'intéresse.
VIRGIXE.
Ma foi, je me repens d'avoir été comtesse.
De n'avoir point laissé la chose au même point.
Vous ne méritez pas...
OLYMPE
Ne me querelle point.
VIRGIXE.
Et le moyen? N'était que je vous considère
Pour avoir fait ma paix avecque votre père, Vous n'en seriez pas quitte.
OLY.MPE.
Au moins tu m'avoueras Que de pareils soucis causent de l'embarras. Le bien pour les vieillards est une douce amorce, A consentir à tout, c'est par là qu'on les force. Le chevalier en manque.
VIRGINE
Et celui du marquis?
A ce frère déjà je le tiens tout acquis. Impérieux, fantasque, et plein d'extravagance. Qui voudrait l'épouser? Ce serait conscience; Et j'en détournerais... S'il me voulait pourtant, Je prendrais le parti d'uu cœur assez content, Et ferais, ce me semble, avecque plus d'adresse, La marquise à beau jeu que la fausse comtesse. Puis à bon chat, bon rat, s'il voulait être sot. Peut-on pas contenter les gens sans dire mot?
OLYMPE
Tu seras toujours folle.