‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1089 sur 1518 · HI.VNE · texte numérisé non relu

HI.VNE

Commcnl, hélas!

Répondrais-je de moi ? Je ne me connais pas.

OENAUUS.

Si du secours du temps ma foi favorisée

Peut mériter qu'un jour vous oubliiez Thésée...

ARIANE

Si j'oublierai Thésée? Ah, dieux, mon lAche cœur Nourrirait pour Thésée une honteuse ardeur! Tnésée encor sur moi garderait quelque empire! Je dois ha'ir Thésée, et voudrais m'en dédire! Oui, Thésée à jamais sentira mon courroux; lit si c'est pour vos vœux quoique chose de doux, Je jure par les dieux, par ces dieux qui peut-être S'uniront avec moi pour me venger d'un traître. Que j'oublierai Thésée, et que, pour m'émouvoir, liemords, larmes, soupirs, manquerontde pouvoir.

PIRITHOUS.

Madame, si j'osais...

ARIANE

Non, parjure Thésée, Ne crois pas que jamais je puisse être apaisée, Ton amour y ferait des efforts superflus. Le plus grand de mes maux est de ne l'aimer plus. Mais après ton forfait, la noire perfidie, Pourvu qu'à te gêner le remords s'étudie. Qu'il te livre sans cesse à de secrets bourreaux. C'est peu pour m'étonner que Je plus grand des J'ai trop gémi, j'ai trop pleuré tes injustices, [maux.

Tu m'as bravée, il faut qu'à ton tour tu gémisses. Mais quelle est mon errcur?l)ieux! Je menace en l'air^ L'ingrat se donne ailleurs quand je crois lui parler, Il goûte la douceur de ses nouvelles chahies. Si vous m'aimez, seigneur, suivons-le dans Athènes; Avant que ma rivale y puisse triompher, Partons, portons-y plus que la flamme et le fer. Que par vous la porflde entre mes mains livrée, Puisse voir ma fureur de son sang enivrée. Par ce terrible éclat signalez ce grand jour,! El méritez ma main en vengeant mon amour.

QENARUS.

Consultons-en le temps, madame, et s'il faut faire...

ARIANE

Le temps ! Mon désespoir souffre-t-il qu'on diffère? Puisque tout m'abandonne, il est pour mon secours Une plus sùro voie, et des moyens plus courts. Tu m'arrêtes, cruel?

[Elle sejeile sur Tipcede Piiilhoiis.) NÉRINE.

Que faites-vous, madame? ARIANE, Il Nériiie. [âme.

Soutiens-moi, je succombe aux transports de mon Si dans mes déplaisirs tu veux me secourir. Ajoute à ma faiblesse, et me laisse mourir.

QENARUS.

Elle semble pâmer; qu'on la secoure, vite. Sa douleur est un mal qu'un prompt remède irrite; Elc'en sérail sansdouteaccroître leseffoi'ts, [ports. Qu'opposer quelque obstacle à ses premiers trans-

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