‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1095 sur 1518 · DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE I, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE I, SCÈNE IV

D. PASCAL

A-t-ellc la migraine?

Je lui vois certain air rcirogiic, sérieux.

Qu'il est sot, Béatrix !

BÉATRIX

S'il l'est déjà, tant mieux, C'est pour vous, au besoin, de la peiue épargnée.

D. PASCAL

Beau-père, seriez-vous pour l'iiuniciir refrognée? Elle n'est nullement de mon goût.

D. FERNAND

Ni du mien.

D. PASCAL

Allons, ma belle, allons, gaiement, tout ira bien.

Puisque vous me voyez, tâchez de mettre à l'ombre

La nébulosité de ce visage sombre;

Riez, goguenardez, et vivons sans l'iiçon.

Quanta moi,je suis gai toujours comme un pinson.

Cent jovialités me font partout de mise;

Et si le mariage était la gaillardise.

Plutôt que ne pas rire, et danser, et sauter.

Je ferais vœu cent fois de m'eucélibater.

Le mot est-il de cour? M'eucélibater! Peste,

Qu'il est long!

D. FERNAND

Les plus fins auraient par vous leur reste. Quel éveillé !

D. PASCAL

J'ai cru qu'il eût été trop plat De dire simplement : suivre le célibat. J'aime le style haut. Eufin, à la bonne heure. Vous riez. Elle en est plus aimable, ou je meure. Guzman, vois-tu ces yeux de feu tout pétillants? Quand la friponne veut, qu'elle les a brillants!

D. FEKNAND.

Elle est le vrai portrait de sa défunte mère.

D. PASCAL

J'oublie à vous donner les lettres de mon père.

D. FERNAND

Il est bien tourmenté des gouttes?

D. PASCAL

Quelquefois.

D. FERNAND

Nous nous sommes connus en six cent trente trois. Ensemble de Goa nous finies le voyage, Grand commerce depuis d'écriture.

Ail ! j'enrage.

Béatrix, épouser un ridicule, moi I

D. PASCAL

Lisez.

BÉATRIX

Il aime à rire, est-ce là tant de quoi ?

D. FERNAND, lit.

A don Fernand de Vargas, à Madrid.

« Si j'étais moins sujet aux attaques de la goutte, je vous aurais mené mon fils moi-même, pour goû-

ter avec vous la joie que la noce vous donnera. C'est un fils qui m'est d'autant plus cher, (|u'il est unique. Je l'ai toujours élevé dans la vue d'en faire votre gendre, et je suis ravi qu'en épousant votre fille, il vous fasse part des grands biens que j'ai commencé d'amasser avec vous. Je m'acquitte par là de ce que je dois à notre vieille amitié, et meurs d'impatience ((ue vous me donniez des nouvelles du mariage. Comme mon fils n'est jamais sorti de Séville, ne vous étonnez point si vous ne le trouvez pas fait à l'usage de la cour. »

D. PASCAL

Avecque les leçons du révérend beau-père, Avant qu'il soit très peu, je prétends bien m'y faire. En province, on ne peut qu'être provincial.

D. FERNAND

Je suis content de vous.

D. PASCAL

Ah!

Quel original !

D. FERNAND, conliitue à lire.

« Il vous parlera d'une affaire fâcheuse qui est de la dernière importance pour lui. Je vous prie de l'y servir, en cas qu'il en soit nécessaire, et de ne point faire difficulté de lui donner l'argent dont il pourra avoir besoin. »

C'est pour vous en tout temps une sûre ressource. Employez mon crédit, servez-vous de ma bourse.

D. PASCAL

Trop d'honneur; le beau-père est un homme obli- Qui... [géant,

D. FERNAND

Vous ne manquerez ni d'ami, ni d'argent.

(// conlimie à lire.)

c< VOUS porte des lettres de change pour la remise de vingt mille écus que vous m'avez fait toucher ici. Donnez-moi au plus tôt de vos nouvelles, et me croyez toujours,

« Votre meilleur ami,

u D. Alonse d'Avalos. »

Que de bonté!

D. pascal.

Voici les lettres de remise.

D. FERNAND

Sus, mon gendre, usez-en avec pleine franchise. Quelle est donc cette affaire oij je puis vous servir?

C'est qu'un jour... Voyez-vous, l'honneur qu'on

[veut ravir.

Porte souvent si loin la chaleur qu'il inspire. Que m'étant arrivé...

D. FERNAND

Quoi ?

GUZ.MAN.

Que lui va-t-il dire?

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