‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 1120 sur 1518 · DON CÉSAR DAVALOS, ACTE III, SCÈNE V · texte numérisé non relu

DON CÉSAR DAVALOS, ACTE III, SCÈNE V

ISAllEl.l.E.

Qu'ai-je à vous dire, liélas! Quand vous êtes mon D. CÉSAR. [frèri'?

Hé, du moins, dites-moi, si je ne l'étais pas, Qui; de mes vœux ofTerts vous pourriez l'aire cas; Que votre cœur sensible aimerait à se rendre.

Vous n'avez là-dessus besoin de rien entendre; Et vouloir à l'hymen pour jamais renoncer, C'est... J'en dis trop, pourquoi m'en osez-vous pres- D. cÉsAii. [ser?

Que de gloire pour moi I

Je sais qu'avec mon père, Eu prenant ce dessein, je me tais une alTaire. Il veut sans résister que je donne ma main.

D. CÉSAR

11 vient de me l'apprendre.

II le prétend en vain.

De mes sens abusés j'ai cru la flatterie; l'ius d'hymen.

D. CÉSAR

Quoi, ma sœur, et si je vous en prie? Voudrez-vous de ma main refuser un époux?

Je pourrais l'accepter, s'il était tel que vous.

D. CÉSAR

Fiez-vous-en à moi, dont la tendresse extrême Me fait vous regarder comme un autre moi-même. Don César de vos jours peut faire le repos, Il est...

Don César? Quoi, don César d'Avalos, Dont le bien fait, dit-on, tant de bruit à Séville?

D. CÉSAR

Lui-même.

Vous prenez un soin fort inutile.

Jamais homme ne fut jusques à maintenant. Et de moins de mérite, et plus imperliuent; Un esprit bas, rampant, qui ne sent que la fange.

CARLIN

Monsieur, entendez-vous? Vers à votre louange.

D. CÉSAR

On vous a prévenue avec un faux portrait. Ma sœur, et dou César...

Non, il est trait i>our trait.

Je ne m'abuse point.

D. CÉSAR

Quoi?

Vous ayant en tête, Tout autre auprès de vous, monsieur, lui parait bête; Mais don César n'est point si sot qu'elle vous dit. Il a ce qui fait seul le mérite et l'esprit. Des ducats à milliers.

Mais aussi la nature...

D. CÉSAR

Encor, qui vous a fait cette belle peinture?

Mes yeux.

D. CÉSAR

Vous me raillez, ma sœur.

Mes propres yeux.

C'est la sottise même.

CARLIN

On ne peut dire mieux, Vous êtes en crédit, monsieur.

Ainsi, mon frère, Quoi que vous me disiez, quoi qu'ordonne mon D. CÉSAR. [père...

Et vous-même avez vu ce don César?

Oui, moi.

Mais à ce que je dis ne donnez point de foi. N'en croyez que vous seul, le voici qui s'avance.

D. CÉSAR

Carlin, démêles-tu tout ceci?

CARLIN

Patience.

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