‹ Théâtre complet. Nouv. éd., précédée d'une noticeChapitre 113 sur 1518 · LE FEINT ASTROLOGUE, ACTE V, SCÈNE I · texte numérisé non relu

LE FEINT ASTROLOGUE, ACTE V, SCÈNE I

Mais ou se l'nil à (ont avec beaucoup (l'étude.

MI'.NUOe.E.

Tu n'oserais d'ailleurs, iiuoiqu'avec gens disci'cis, Ni médire de lui, ni couler ses secrets; Où s'il ari'ive cnfiu, quand la bile le presse, Qu'à bons coups de bàlou il te Tasse caresse. De peur de pis encore il le faut liler doux. Et, sans oser t'en plaindre, avaler ton courroux. Oh, qu'on est consolé quand devant ses semblables On donne de grand cœur son maître à tous les dia- Cette seule douceur vaut tout le mal passé, [blcs!

PUILUM.X.

C'est à quoi rarement je me suis exercé ; Aussi mou maître est bon.

.Micxnucic.

Facile, ou dilllcilc; Eu une belle nuit, ma foi, je ferais gile.

l'Hn.ii'i.v.

Ne saurait-il pas bien mon dessein en ce cas?

MKNDOClî.

Autre incommodité que je ne comptais pas. Mais où je trouve eucor de grands désavantages. S'il perce dans les cœurs et lit sur les visages. Le moyen en servant, d'amasser un teston 1 Remplit-on le gousset sans le tour du bâton'.' Et pouvons-nous avoir de quoi faire débaucbe. Sans ces menus profits qui nous vie nnen ta gauche? Tu sais que de l'ar'genl qui tiunbeeu notre main. Selon l'occasion, on relient le douzain, Et que peu de valets en font quel(|ue scrupule.

l'Illl.II'IX.

C'est-à-dire en deux mois que tu ferres la mule? C'est un bon revenu dont il me faut passer, Mon mailrehaitle vol plus qu'on ne peut penser? Etje crois pour ciuq sols que sans miséricorde. Il me ferait apprendre à danser sous la corde. Même je te plains fort de l'élre venu voir. Te servant du talent, et l'ayant fait valoir ; Car, comme eu le voyant il l'aura pu couuailre; Il pourra bien tantôt en avertir ton niailrc.

MENDOCE

En avertir mon maître? Hélas! Je suis perdu.

PHILIPIN.

Pourquoi? Ton pis aller n'est que d'être pendu.

MENUOCH.

Hé, de grâce, en faveur d'un compagnon d'office, Empêclie, si tu peux, qu il ne l'en avertisse.

PHILIPIN.

As-tu bien dérobé?

MENDOCE

Peu de chose à la fois.

PHILIPIN.

Mais souvent ?

IIE.NDOCE.

\ Environ vingt ou trente par mois.

PHILIPI.N.

A te dire le vrai, je n'y sais (|u'un remède.

MlîNDOr.K.

] Dis-le moi promptemeul afin (|uc je m'en aide.

pun.u'ix.

.Mon maître a mainlenanl tant de soins en l'esprit, Que, sansiiu'il pense à loi, lu peux (|uitlcr Madrid : N'attends donc point ce soir à faire Ion voyage, Cours vite de ce pas dresser ton éi|ui|iage; (Jue ton vieillard a|)rès soil de tout averti, T'envcri'a-t-il cberclicr quand tu seras parti?

MENUOCE.

Étant en mon pays je ne le craindrais guère; Mais c'est bien loin d'ici.

PHILIPI.V.

Donne ordre à tes alTaires; Je t'y rends aujourd'hui, quelque loin que ce soit; Mais il te faut munir en l'air conire le froid; Là soulfieul certains vents ennemis de nature, C'est l'incommodité d'une telle voiture; Mais le voyage est fait en moins d'une heure ou deux.

MKNDOCE.

Et la monture?

PHILIPIN.

Douce, ainsi que lu la veux, Va cependant m'allcndre au jardin de ton maître. Je m'y rendrai bien lot.

ilUXDOCE.

Que ce soit sans peut-être.

PHILIPI.N.

Sois tout prêt à partir.

MENDOCE

Aussi, si tu n'y viens...

PHILIPIN.

Jem'y rendrai, te dis-jc. Ab, vieux loup, je te tiens.

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