DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE IV, SCÈNE VIII
D. FERNAND, ISABELLE, D. CÉSAR, BÉATRLX, SGANARELLE, CAHLLN.
SGANARELLE
Au secours.
D. FERNAND
Tu commences à craindre.
SGANARELLE
La voix me manque, ah, ah !
D. CÉSAR
Qu'a-t-il donc à se plaindre?
SGANARELLE
Qu'il ne m'approche point, j'ai si peur des esprits...
D. FERNAND
Ah ! Monsieur Sganarelle, enfin vous voilà pris.
CARLIN, à D. César.
Sganarelle ! Monsieur, continuez la pièce; C'est le valet du fils.
D. CÉSAR, à Sganarelle.
Que cette frayeur cesse, Et sachons seulement où sont les mille écus.
SGANARELLE
Pouvez-vous...
D. CÉSAR
Point de bruit, j'en sais trop là-dessus; Tu me les as volés.
SGANARELLE
Volés ?
D. CÉSAR
Toi?
SGANARELLE
Patience, Pour un mort, vous n'avez guère de conscience.
D. CÉSAR, à D. Fernind.
Que dit-il?
D. FERNAND
Il prétend qu'arrivant à Cadix, En cinq jours chez Gomez vous êtes mort.
D. CÉSAR
Tant pis.
Me- voilà maL
SGANARELLE, à D. Fernattd.
Il croit vivre encor?
D. FERNAND
Quoi, tu penses Te sauver du gibet par tes extravagances?
D. CÉSAR
Dans quelque chambre sûre il le faut enfermer. Là...
D. FERNAND
Non, puisqu'à le perdre il nous veut animer, Tout droit à la potence il est juste qu'il meure.
CARLIN, à Sganarelle.
Courage,!! ne s'agit qucd'uiiméchantquart d'heure; C'est à quoi, dès longtemps, tu doist'ètre attendu. IN'es-îu pas bienheureux de n'être que pendu?
SGANARELLE
Au diable soient les morts, et toute leur séquelle.
BÉATRIX
Que j'ai pitié de toi, mon pauvre Sganarelle !
D. FKHNAND.
Suis-moi, certain caveau sera là-bas ton fait. Si tu n'y parles, va.
SGANARELLE
J'ai dit ce que j'ai fait.
CARLIN
Marchons vite.
D. FERNAND
Carlin, tiens-le bien, qu'il n'échappe.
CARLIN
Au cachot noir.
SGANARELLE
Monsieur.
CARLIN
Tu viendras dans la trappe.