SCÈNE VIII ISABELLE, D. CÉS.'^R, BÉATRIX
S'il fût venu ici quelque temps avant vous. L'imposture eût trouvé tout crédit parmi nous; Nous vous aurions cru mort.
D. CÉSAR
Quand on ne perd qu'un frère, Ma sœur, on se console, et la perle est légère.
Ne VOUS connaissant pas, je dois* tomber d'accord Que j'aurais moins senti l'ennui de votre mort ; Vous pleurant j'eusse au moins évité le supplice Où de vos sentiments m'expose l'injustice. Me vouloir engager à don César?
D. CÉS-iR.
Ma sœur, Je ne prends son parti que pour votre bonheur, Je vous l'ai déjà dit.
Quandje ne
Et quel bonheur attendre, trouve en lui que du bien à prétendre? "
que I
D. CÉSAR
Et si je vous disais que lorsqu'on le connaît, Don César n'est rien moins que ce qu'il vous pais.ABELLE. fraît?
Ah, mon frère! Toujours, encor qu'il se déguise, Il aura l'air choquant, dira quelque sottise ; Le dégoût que j'en ai ne se peut surmonter.
D. CÉSAH.
N'en jurez pas trop fort, je prétends vous l'ôter.
Vous ?
D. CÉSAR
Oui.j'ai pris plaisir, pardes raisons secrètes, A jouir quelque temps de l'erreur où vous êtes ; Mais enfin apprenez qu'on vous abuse tous.