DON CÉSAR D'AVALOS, ACTE V, SCÈNE III
D. CESAR
Suffit que je connais et le père et le fils. DonAlonse, en partant, m'a chargé de vous dire, Que do ce qu'il attend par le premier navire, Puisque vous le voulez, il vous mettra d'un quart; Que pour l'autre à charger l'avis est venu lard.
D. FERNAND
Il vous l'a dit?
Lui-niûnie,etvousm'en pouvez croire.
D. FERNAND
Carlin, son mal se passe, il a bonne mémoire.
CARLIN
Il faut avec le temps, espérer que ce mal...
D. FERNAND
Il se souvient de tout.
CARLIN
Monsieur, c'est l'air natal.
Hier encor, qui l'eût mis sur ce qu'il vous explique, C'eût été de l'hebreux, pour lui point de réplique; Les lieux nataux ouvrantles portes de l'esprit...
D. FERNAND
Carlin sait de grands mots.
D. CKSAR.
Et fort peu ce qu'il dit.
CARLIN
Si je dis mal, du moins je sais ce que je pense. Tâchez à rattraper votre réminiscence, Tout le reste ira bien.
D. FERNAND
Et quand pourrons-nous voir Cet autre don César?
D. CKSAR.
Peut-être dès ce soir ; Nous sommes de Séville ici venus ensemble.
D. FERNAND
Je ne sais où j'en suis, car enfin il me semble Qu'Enrique à m'abuser n'ayant point d'intérêt. Devrait m'avoir conté la chose comme elle est. Pourquoi d'un imposteur appuyer l'entreprise?
D. CÉSAR
Quand vous lui parlerez vous saurez la surprise. Je crains peu qued'un fourbe ilveuilleôtrerappui.
D. FERNAND. [lui.
J'entends quelqu'un qui monte, et peut-être est-ce Retirez-vous, mon fils, je veux de celte afi'aire, Lui parlant seul à seul pénétrer le mystère.
D. CÉSAR, bas à Carlin.
Allons voir Isabelle, et l'amenons ici.
D. FERNAND, Seul.
Que peut prétendre Enrique à me tromper ainsi ? A croire un imposteur il m'a vu trop facile. Tous ceux qui connaissaient la carte de Séville, Ue mon gendre futur m'avaient dit trop de bien, Pour le voir sans mérite, et ne soupçonner rien. Son abord, ses discours remplis d'extravagance...